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Un cerf volant – ( RC )

Korean Kite Festival:

Tu tiens ton propre destin,
par un fil.
Relié à ta main,
un cerf volant que tu essaies
malgré la brise et les vents de toutes sortes,
de faire s’appuyer sur le ciel.

Un jour celui-ci pourrait t’ emporter,
tellement haut, si tu souhaitais
voyager dans les airs,
côtoyer les oiseaux,
et souhaiter être différent,
de ce que tu es sur terre .

Car le cerf volant serait à ton image ,
…. mais lui, – inversement ,
regarde vers la terre,
En fait… te perdre dans les airs,
si jamais la main lâchait la corde ,

te fait tellement peur,
( on ne sait jamais ):
non pas la crainte de la chute,
mais de s’élever dans la stratosphère,
saturé de lumière,
au point de ne pouvoir respirer.

Que tu restes semblable
à ce que tu es,
et laisse s’envoler les rêves :
un renoncement, à moindre risque,
somme toute – confortable.

RC – mars 2016


Sculpteur d’un sourire – ( RC )

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Art:  Sculpture IFE  ( Nigeria )

 

Si tu dors encore,
je caresse le dessin de tes lèvres,
elles me chuchotent un sourire .
        Il est venu des profondeurs    :
de celles du sommeil et de la terre.
Je pétris l’argile humide,  à ton image.

Je peux te toucher:
il y manque  juste  ton souffle,
et mes yeux  sont une caresse :
     bientôt,    tu vas m’offrir  ton ombre .
Je vais l’enserrer et m’y fondre,
et    devenir glaise à mon tour .

RC  – nov 2016


L’image est présente, le ciel est en pente – ( RC )

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L’image  est présente,
le ciel est en pente.
On ne sait pas  s’il monte
ou si c’est la terre qui bascule.
On y trouve des signaux de lumière,
Ils forment  l’énigme,  

et on cherche  à  les interpréter,
A la traduire, sur un air,
où les notes  hésitent,
se chercheraient  encore,
comme les premiers accords,
Sous les  doigts  du pianiste  …

Il n’y a pas de réponse,
que celle  que nous donnons.
En sommeil éveillé,
suivant ici la trace du grand  Chariot,
dont les roues  creusent  de larges  sillons,
bientôt perdus  de vue,  jusqu’à Orion, et au delà …

Mais si,  déplacés sur une autre hémisphère
on percevait d’autres  constellations…
Que sait-on de l’au-delà,
puisque  justement  on ne voit  rien  ?
( un regard  de courte portée ,
même  celui des plus puissants télescopes ) –

Le disque  de la nuit  se déplace,
et nous semblons rester immobiles,
comme si la musique  se répétait indéfiniment,
saupoudrée des même  refrains  et mêmes  figures .
On nous  rend  aux  chemins  familiers,
qui nous égarent dans l’aveuglement,

tellement  est large  la distance,
et qui nous emprisonnent,
dans une image.
>   Telle serait la fleur,
qui ignore  sa semblable,
seulement au-delà des collines.

RC- janv 2015


La voie du puits – ( RC )

( la voix devient la voie )

J’ai entendu la voix du puits,
Je me suis approché de la margelle,
Il y faisait un noir de suie,
C’était sans doute ton appel.

Comme un faible message,
Venant des profondeurs,
Le cercle étroit du naufrage,
De ton ancienne splendeur…

Je me suis penché, mais pas pour boire,
Il y avait au fond, un rond clair,
Perdu dans tout ce noir,
C’est peut-être que tu espères

Que je vienne à toi ,
Que je perde l’équilibre,
Et que je me noie,
Afin te rendre libre …

Ainsi je prendrai ta place,
Pour de bon,
Je regarderai les nuages qui passent,
Par le petit trou rond.

De temps en temps, ton image,
Se penchera sans regret,
Pour évoquer mon visage,
Caché sous les reflets.

Tu descendras le seau,
Qui plongera sous la surface,
Je donnerai ce goût à l’eau ,
Comme si elle venait de la glace.

Tu boiras à ma santé,
En faisant réchauffer mon âme,
Avec un peu de thé ;
Attendre n’est pas un drame .

Tu as patienté des années,
Que revienne le jour,
Personne n’est damné…
A chacun son tour …

RC – mai 2015


Sur une photo de Francesca Woodman – (RC )

Photo: Francesca Woodman 1975-76

 

 

Il s’est passé un certain temps,
– on peut  le penser  –
avant que la lumière  n’imprègne  la pellicule.

( C’est peut-être  de ces appareils  anciens,
qui demandaient  une durée  de pose importante ) .

L’intérieur   s’est fané,
les fenêtres  ont  laissé rentrer la pluie
le plafond s’est écaillé
des débris  jonchent  le sol ;

Même  le modèle  semble  échapper  à sa propre image.
C’est une  petite fille ;
Elle  a dû grandir  depuis.

Et bien des choses  semblent  avoir renoncé
à la poursuite des jours .

RC – juin 2015


Passerelles fragiles entre le rêve et le réel – ( RC )

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Du pont jeté sur les ombres,
Un fleuve  s’écoule,
Pour rejoindre, bien plus loin,
L’embouchure des horizons verts.

Les pensées liquides,
Se dissolvent, et se renvoient
A tour de rôle,
Le reflet de ton existence.

Je crois  savoir,
Où mes songes te portent,
Mais n’arrive plus à définir  ton image.
Elle  est,           avec celle  des nuages,

Entraînée par le courant,
Et je l’imagine, bientôt,
Voguant en pleine mer,
Sous le frémissement  des vagues.

C’est une passerelle fragile,
Le tissu léger de ton absence,
Qui flotte entre deux  eaux,
Entre le rêve et le réel…

 

 

RC –  sept  2014


Rentré dans l’image, comme par effraction – ( RC )

 

photo: extraite de  » Playtime » J Tati

 

Des grands halls  gris

Où rebondit la lumière,

Comme prisonnière,

Sur les murs de granite polis,

Se détachent, en lettres  régulières,

Ignorant la fantaisie,

Le nom de la société.

 

Dans cet espace distant du monde ,

Prélevé  sur le vivant,

– Une greffe  végétale -,

Un duo de plantes vertes,

( les caoutchoucs sont très  « vendeurs » ),

De part et d’autre de l’ascenseur,

–           Symétriques.

 

Les chiffres lumineux

Affichent  des progressions lentes,

Dans les entrailles de l’immeuble.

Les portes en métal brossé

Ne s’ouvrent jamais ici.

 

Les plantes  s’ennuient.

 

A la réception,

L’homme à la casquette,

Semble posé là,

Comme une partie  du décor,

Rectangulaire.

 

Ainsi le tapis de sol,

Sur le dallage de marbre,

Abandonne, faute de mieux,

Ses odeurs synthétiques,

Sous la vidéo, qui alterne

Les vues du parking.

 

Les bâtiments voisins, revêches,

Masquent en grande partie,

Un ciel sans consistance,

Grillagé de lignes  électriques,

Qu’un élément mobile vient perturber,

Un oiseau rentré dans l’image,

Comme par effraction.

 

 

RC – juin 2014

 

 

 

 


Les anges à la fenêtre – (RC )

          photo:     jhalfie

Venus  frapper  à ma fenêtre,
Les anges        –  ils m’ont fait signe …
Voulant passer de l’autre côté,
Du ciel

Découpé en rectangles,
Encadrés de rideaux,
Fixés sur la maison,
….  Une pure illusion.

Le ciel était juste debout,
Dressé de son reflet,
Avec même le sommet d’un arbre,
Pour s’y reposer.

…On ne se pose pas sur une image,
Même  si elle  est peinte,
On ne traverse pas sans risque,
Le décor  –  on glisse sur sa peau lisse…

La profondeur était surface,
Le miroir prolongeant l’espace,
Semble-t-il infiniment,
Avec son mur impalpable.

Ces anges ,    ces oiseaux,
Stoppés dans leur vol…,
Venues frapper du bec à la fenêtre,
Ce matin,     les mésanges.

RC –  mars 2014