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La Tour Eiffel est une île qui dérive – ( RC )

001 ile tour Eiff.jpg

 

image –  montage perso

 


Je suis monté au sommet de la tour la plus haute,
Cette tour,           c’est mon immeuble ;
il y a aussi d’autres barres de béton,
parallèles,    avec chacun leur parking,
et les autos bien alignées,
qui luisent au soleil déclinant,
comme de gros mollusques.

Je me suis vu         comme dans un phare,
affrontant vents et tourmentes…
le ressac brassant les algues,
le sable      se disputant aux rochers noirs.

        Plus de pigeons picorant dans la résidence,
mais des mouettes blanches ,
aux ailes étendues…

L’impasse a basculé sous les rochers,
les voitures,         aux étranges carapaces,
flottent au petit bonheur .
La marée montante a recouvert le Mc Do.
La lune dialogue avec les vagues
dont l’écume rejaillit sur les murs .
La Tour Eiffel est une île,          qui dérive .


RC – oct  2017

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Fleurs d’histoires – ( RC )

 

 

C’est à lire tes histoires,

Que viennent les couleurs,

Elles habillent tes fleurs,

Et s’extraient du noir.

Des fleurs que l’on assassine,

Mais , elles restent vivantes,

Tant que l’esprit les hante,…

Je leur donne une autre racine,

Tu ne veux pas qu’elles meurent…

Alors je les emmène en voyage,

Les lis et partage,

Et leur dessine une odeur.

Elle s’accrochent dans les plis,

De la mémoire,

Les méandres de ton histoire,

Sans tomber dans l’oubli.

Tu sais comme elles résonnent,

Prêtes à tout envahir,

–    Tu crois qu’on les déchire

…une fois lues, n’intéressant  plus personne.

Alors comment se fait-il

Que leur chanson me suive,

Et que cela arrive

Jusque sur mon île    …   ?

RC  –  décembre  2013


Juste avant la falaise – ( RC )

peinture  Claude Monet…  falaise dans le pays de Caux (  Dieppe )

Ce sont toujours les mêmes,

Ou bien les semblables,

Ces vagues qui viennent

Au pied de la falaise, insaisissables.

 

Ces vagues dont le choc palpite,

Résonnent au pied de la maison,

Celle que nous avons construite,

Ouverte sur l’horizon.

 

Te souviens -tu , amie

De la couleur, des murs

Que nous avions choisie,

Azur , comme celle d’un temps pur ?

 

De celle de la côte anglaise

Et le pré suspendu avant de chuter,

Juste avant la falaise,

Sous laquelle nous aimions nous promener ?

 

Mais le sourire s’en est allé,

Les couleurs ont perdu leur fard,

Avec l’arrivée de nuages, blafards ;

Et le gris s’est installé.

 

En couvrant de tristesse,

La maison où je vis seul,

Aux fenêtres, les rideaux linceul,

Que les vents pressent.

 

Cette maison au regard livide,

Vit maintenant sans tes caresses,

Quand, à l’envol des promesses,

Répondent les pièces vides…

 

Les volets battent sur la façade,

Les herbes se courbent sous un vent rude,

Les arbres, – d’abandon et de solitude,

Toutes les teintes sont devenues fades.

 

Face à la mer immense,

C’est comme un défi inutile,

Notre maison est comme une île,

Livrée à l’assaut des flots, sans défense.

 

Chacune des vagues pèse,

Ainsi, la côte recule,

Ainsi, mon cœur . Il bascule,

Et sera emporté aussi, au pied de la falaise.

 

Il suffit d’un jour de tempête,

D’un ouragan de rage,

Emportant tout sur son passage,

Et même les peines secrètes.

 

Je vis en terrain instable,

La mer peut bien venir,

Et tout recouvrir,

Comme un fragile château de sable.

 

RC – 8 décembre 2013


Jean- François Pollet – que diriez-vous d’une île ?

que  diriez-vous  d’une île ?  (texte  visible ici),  et plus  généralement  dans   « la poesie que j’aime »

Toucher le mot gravé
Par l’humain périssable
Toucher le bout du nez
Qui vous bloque le visage

Que diriez-vous d’une île
Au contour effacé
Par la lune immobile
Que diriez-vous d’aimer ?

Aimer les temps floués
Comme un doux paysage
Aimer les cieux noyés
Sous les luttes innombrables

Que diriez-vous d’ une île ?

©Jean- François Polle