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L’antre, l’exil, et puis, ne former qu’un seul voeu – ( RC )

 

photographe non identifié

L’antre, l’exil, et puis, ne former qu’un seul voeu .

On lance en l’air une pièce,

Et la mémoire s’abaisse

Convertissant le destin en un jeu …

Jouer de sa vie le détour ,

Ouvrir grand ses yeux dans la nuit,

Distinguer le plomb , des soieries,

Et savoir reconnaître l’amour …

Découpé de ciels d’hivers,

Et de longues semaines d’absence ,

D’un parfum diffus, s’extrait l’essence ,

Ma vie était une pierre,

Lourde à porter,

J’ai maintenant une idée de l’été.

 

RC  – nov   2014

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Lent cheminement dans le jour livide – ( RC )

photo:  Michael Kenna

                                                         photo:             Michael Kenna

 


Suspendu au-dessus du sol,
Et qu’on prend pour boussole
L’astre émerge de la brume du fleuve.
Des haies denses, pour épreuve

Lui, on ne le voit pas,
On le devine,
Et, portant mes pas,
Feutrés de sourdine

Ceux qui s’éloignent,
Sont ces traces en creux,
Qui témoignent,
Deux à deux,

Du lent cheminement,
Dans le jour livide,
Une marche en avant,
Prenant la lumière pour guide.

Il faut que je pousuive,
Ce mouvement, suspendu,
A de futures perspectives,
Mais l’horizon s’est perdu…

Et comme tous les repères,
Evaporés en route,
Enfouis, sous la terre,
( sous le manteau de neige, sa croûte ).

Font, qu’ils disparaissent ….
Je ne sais si je progresse,
Dans cette région curieusement déserte
Etendue et ouverte.

La marche serait ainsi, fictive
Malgré mes mouvements
Issue d’une lente dérive,
Où seul , se déplacerait le temps,

J’ai découvert des traces,
Presque gommées par le vent,
Avant que tout s’efface…
Les regarder attentivement…

Je reconnais mes empreintes,
Déjà comblées de neige .
– Leur vue me désappointe…
Tournant comme dans un manège…

A faire du sur-place,
Je reproduis un cercle dessiné,
Celui de l’astre qui cadenasse,
L’air de rien, ma destinée…

Au cheminement hivernal,
Dans le jour livide,
Je vais prendre une diagonale,
Quitte à enjamber le vide…

Ce monde reclus,
Il faut que je le quitte
De ce jour qui n’en finit plus,
Je veux en sentir les limites.

Quitte à plonger dans le noir,
Pour quitter l’enfermement,
D’un morne territoire,
Uniformément blanc.

RC – février 2014


Grande couverture blanche – ( RC )

peinture: Claude Monet                        peinture:            Claude Monet

Arrivée en silence
Au milieu de la nuit,
La grande couverture blanche,
Absorbe tous les bruits.

Douce et moelleuse,
De tendresse,    comme s’ enlace,
Habille,                 en amoureuse,
Tout ce qui dépasse

Elle recouvre les noeuds les plus obscurs,
Les plis de la terre
Les carcasses de voitures,
Ainsi, les cimetières.

Coeur de la nuit phosphore,
Arbres verticaux d’immobilité,
Accrochés au bord,
Pointés dans l’obscurité,

Leur crinière de branches,
Bardée de neige,      qu’on distingue à peine
Sous la nocturne étendue blanche,
Flocons-papillons,  de multitude incertaine,

Se pressent                 dans leur chute lente,
Gommant toutes les limites,
Lointains        et attentes,
Déversés,          en silencieux rite…

Par centaines de milliers,
De cornes d’abondance ……
Modelé ,               le paysage familier,
Redessiné             en confidences.

Monts et montagnes dévalent,
Et , oublient leurs failles
Que la grande couverture avale,
En négligeant les détails.

Des haillons     et des fringues,
Des hêtres,     des pins et ormes,
Bientôt plus rien ne se distingue,
Sous             le nouvel uniforme.

Les pauvres      et les riches,
Recouverts du même manteau,
Les vignobles et les friches,
Voyagent incognito,

Lorsque         le blanc s’invite,
Et gomme les différences….
En métamorphose gratuite,

Quand l’hiver s’avance.


RC- février 2014


La neige a quitté l’hiver … – ( RC )

dessin perso: nu - Bordeaux  2012

dessin perso:            nu –                 Bordeaux 2012

Il faut laisser les rêves et les cauchemars s’en aller tout seuls,

Ou bien plonger au dedans

Le temps d’un oubli,

D’un désir d’oubli,

Ou d’un désir tout court,

Je vais recouvrir tes orteils,

La couverture a glissé,

Les petits monstres sont partis,

Ils ont eu peur de l ‘aube.

Je vais me lever préparer le café.

Puis je reviendrai arranger les coussins,

Finalement, je me glisse au chaud,

Au creux de tes mouvements lents,

Personne n’a coupé tes mains,

>                Tu t’aimes….

Et je caresse avec toi tes songes,

Ils ont une douceur de mousse

Blanche,

…. La neige a quitté l’hiver,

Pour t’habiller de tiède.

RC   –  décembre  2013

en réponse à un  texte  de Geneviève L’Heureux


Les instants recourbés par le vent ( RC )

dessin – pastel:           Marie-Christine Blanc

Les instants recourbés, animés par le vent
Déposent en collier aux fronts des pêchers
Des nuées de roses, saluées par les oiseaux
Qui préparent une fête, au futur de l’été.

C’est une odyssée; elle se renouvelle chaque année
Dessinée d’habits neufs, de frondaisons franches
Où se déverse la lumière, en corne d’abondance
Etalée de tout son poids, sur la terre avide

Que déménage en douceur, la fête des pousses
A jouir du printemps.   C’est une course
A prendre les devants de chaque instant
Et oublier l’hiver, en virée des couleurs.

RC


Sous la chemise ( RC )

art: dessin perso

art:            dessin perso   2001

Quand il y a de la place pour un

Y en a pour deux,

Dit-on,

 

Et sous la chemise

Tu es douce

De tous tes rêves,

 

Qui rebondissent,

En deux seins dressés,

Ils appellent mes mains,

 

Avec toi, le seul témoin,

D’amour, ce parcours

> C’est la chemise.

 

Je m’y suis glissé,

Quand il y a de la place pour un

Y en a pour deux,

Dit-on,

 

Tu es petite,

Il y a de l’espace,

Pour moi

Sans y être à l’étroit,

 

Quand je t’enlace

Sous la chemise,

Et ta chaleur ronde,

En pentes.

 

Que nous gardons

A l’abri des courants d’air…

Il n’empêche,

Que tu frissonnes ,

 

Alors si je mets un bras

Dans ta manche,

On est parés pour l’automne,

 

Et, des nuages de coton,

Je sers d’oreiller,

Pour tes hanches,

 

Belles comme celles

Que peint Amedeo..

 

Une chemise n’est pas faite

Pour deux,

Ou alors c’est le chandail,

 

Pour les amoureux

Que chante Juliette,

 

Et qui relâche ses mailles,

Devenu trop grand,

Avec le temps…

 

Au début, elle serrait un peu

Quand je suis venu chez toi,

 

Petit prince ou jeune roi,

Le bienheureux…

 

Notre chemise est un bateau,

Nous en gonflons les voiles,

Restés bien au chaud

Partis en pleine mer,

 

Affronter l’hiver,

En tête à tête,

Echangeant des baisers,

En guise de tempêtes,

 

En comptant les étoiles,

Puisque j’avais soufflé,

Si fort ,                        que le bateau,

Au ciel est parti,   bien loin de l’eau…

Ce texte fait suite à celui d’Astrid Waliszek, « le peignoir »: https://www.facebook.com/notes/astrid-waliszek/le-peignoir/384940408194336

et se réfère à la chanson de Juliette Greco : « le pull-over »

RC-  15 août 2013

peinture: Amedeo Modigliani: nu couché

peinture:           Amedeo Modigliani:      nu couché


Poudre tiède, et braises (RC)

Egon Schiele
« Jeune Femme demi nue allongée « 
1911

J’ai fouillé dans les  cendres
Et senti la poudre tiède de douceur
Accompagnée des morsures des braises » Ren

M, a sélectionné ces trois vers en provenance de « j’ai cherché le feu », en y faisant  écho avec :

A Ren, je réponds:

Tu m’as enflammée l’espace d’un souffle -étreinte.
Comme tu as pris ton temps pour m’éteindre!
Ah! mais tiens je suis encore de braise!

 —

ce qui a généré ———>

 

 Ta parole est en moi, et tes yeux de braise

J’ai bien senti sur ma peau, tes dialogues  ardents

Qui délaissent le tiède et le prudent

Si brûlants tes souvenirs, que je baise,

 

Souvenirs palpables qui reviennent me guider

Qui a dit que je voulais  t’éteindre ?

C’est toi que je voudrais  étreindre

Tout entière, et ton corps  et tes  idées

 

Le dialogue enchanté des amants

Va remuer les  cendres

Ce n’est plus  l’hiver, ni décembre

Mais le renouveau attendu, du printemps…

RC    – 3 juin 2012