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Sous les fruits d’un printemps amoureux – ( RC )

photo  Hélèna  (  St Petersburg)

photo Hélèna ( St Petersburg)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Sous les fruits d’un printemps amoureux.
Vois comme les branches ploient,
Et comme la vigne vierge luit,
Sous les graines de pluie.

Viens suivre la lune argentée,
Elle attire les marées, et répand son sel,
Brillante traînée  d’étincelles,
A la surface des eaux…

Bercés d’infinis , la tiède candeur
Des jours d’étés, nous entraîne,
Dans les jeux de la passion,
Où l’âme et la chair se confondent.

Nous avons oublié ,
La nappe improvisée et les gobelets renversés,
Pour emprunter une comète,
A peine dissimulés dans l’herbe haute.

Viens, mon amour,
Nous ferons d’autres voyages,
Sous toutes saisons,
Nous oublierons la terre.

….Pour contempler dans nos yeux les étoiles.

RC –  août  2014

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Un temps encore frileux, où nos rêves s’essuient – de bleu – ( RC )

 

peinture:           S Hantaï : Mariale   1962

 


Sur terre, il y a des arbres bleus,
Qui se penchent,
Comme les pensées des vieux,
Jouant dans leurs têtes blanches.

Il y a dans leurs folles branches,
Suffisamment d’espace ,
Pour que les oiseaux passent,
Se posent et puis s’élancent.

Sur la colline,     il y a une maison
Habitée de bleu,
Assez,       pour y vivre heureux,
Comme dit la chanson.

C’est sous un bol d’azur,
Une bulle d’air recyclé,
Qui n’a plus besoin de clé,
Ni de serrures.

Ses portes restent ouvertes,
En signe de bienvenue,
Ceux qui naviguent à vue,
De là-bas, voient la mer verte.

Elle s’étend                 si loin,
Que les plus gros navires,
Partis       dans un soupir,
Ne sont plus que points…

Ceux qui naviguent à vue ,
Ont leurs yeux                bus,
Jusqu’à la dentelle de leurs cils ,
Contournant les îles,

Ils saisissent dans leurs mains,
Des mouettes, les plumes
Et des rubans de brume,
Dont ils habilleront demain…

Et,                     au futur étanche
Au balcon des dieux,
Des anges gracieux
Se cachent        en robes blanches,

Des corbeilles de fruits ,
Ces champs aux arbres bleus,
D’un temps      encore frileux,
…           Où nos rêves s’essuient.

RC-  mars 2014


Au delà d’une saison repliée – (RC )

photographe non -identifié

photographe   non -identifié    ( printemps de Prague ? )

 

 


Stationnant,                          figé de verticales,
En aspérités sombres,            dressé au ciel,

S’offre                  aux vides d’une saison repliée,
Celle donnée aux froids et à la pluie lancinante,

Comme,         des arbres,           les racines,
Cherchant à s’agripper       à la lumière,

L’écrivain debout,
Contre l’hiver des censeurs,

Sait que                       la vie est ailleurs,
Au-delà des vents noirs,

Poursuivant           sa route longue,
A l’intérieur        de lui-même .

D’autres sont debout,     à proximité,
Et savent,      du retour du printemps,

L’éclosion des fleurs,
Le retour des sourires.

Il n’est plus loin,                     ce temps,
D’où l’oppression             vaincue,

Renaîtront les écrits,
Sans entrave,

Et le retour de la sève,
Portant               de futurs fruits.


RC- février 2014

 


Fruits noirs ( RC )

       photo:          Jussi Aalto

 

Sans qu’on y prenne garde,
Le ciel se tisse du grillage
Sombre des branches.
Elles  s’étendent  chaque année,
Et chaque année,
Grignotent un peu plus d’espace,

Au point de parfaire une voûte
Et d’arriver à se rejoindre,
En confisquant le peu de lumière,
Stagnante, sous les dernières
Feuilles de novembre,
La sève lentement rétractée.

Une pluie insistante, et froide,
Corrode la symphonie des ocres
En une bouillie sombre et gluante…
Les buissons moroses abritent
Aussi des fruits noirs,
A la densité lourde.

Ils pèsent de leur deuil,
Leur poids d’approche hivernale,
Et font oublier les envolées légères,
Des passereaux insouciants,
Qui se poursuivaient
Dans l’azur cristallin.

Ce sont des corbeaux    ;
Et leur noir luisant,
Semble une menace anthracite,
Barrant quelque part,
De branche  et branche
La lumière et la joie .

Les nuits rechignant à céder
Aux matins,
Ceux-ci sont froids
Parcourus de frissons,
Et l’écho triste
De leur coassement.

RC   – janvier 2014

en écho à un texte  de Nérée Beauchemin, qui justement  a pour  titre :  « corbeaux »


La musique est la nourriture de l’amour – ( RC )

enluminure médiévale

enluminure médiévale

 

Si la musique se nourrit de l’amour,

Au sortir de la nuit,

Au corps, elle chante et rit,

Même pour les sourds…

Allons, sonnez trompettes,

Timbales , cors, violons

Orgue et accordéons,

L’amour est une fête !

Montrez les plaisirs divins,

Et ses plateaux de fruits,

Pétris d’harmonie,

Accompagnés des meilleurs vins !

Cupidon lance ses flèches,

Qu’habilement, il décoche…

Bouquets de triples croches,

Les yeux sont ses flammèches,

En battant la mesure

Pour jamais qu’il ne se dessèche,

Vivez d’amour et d’eau fraîche,

Et de musique , une nourriture,

Que l’on dit céleste,

.Du banquet, son partage

Porté par les accords, et davantage

Je vous le dis, des plus digestes,

Et la nourriture terrestre,

Quand le corps se cambre…

Une musique de chambre,

Qui n’attend pas l’orchestre…

Jouez nous encore ce refrain,

Parcouru avec entrain,et désir,

Au concerto des soupirs,

Laissez parler vos mains !

Et, comme l’écrit Shakespeare,

La musique est la nourriture de l’amour, *

De celle qui se goûte et se savoure.

Elle s’écoute toujours avec plaisirs .

 

* ( extrait de la « Nuit des Rois » :W Shakespeare.)

RC  novembre  2013