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Tirer un fil en travers du chemin – ( RC )

statuette  ss tête  au geste.jpg

dessin perso           d’après une  statuette de la Grèce Antique

J’ai tiré un fil
en travers du chemin .
Je l’ai attaché aux arbres  :
je comptais arrêter le ciel bas,
comme le font les araignées,

et, comme elles, j’aurais attendu,
        que la lumière
se dissolve dans les flaques,

       que l’écriture me propulse,
tel le vent dans les feuilles,
bien au-delà d’où portait mon esprit.

Et s’il faut attendre longtemps,
je la sentirai peut-être secouer mes cheveux,
– s’il en reste – et même,     qu’ils soient blancs.

Je ne compte pas suivre la foule des gens,
qui ne croient plus en la parole,
même la leur, et poussent leur valise,      le dos courbé,
à la façon du rocher de Sisyphe,                  obstinés,
mais pas étonnés de faire chaque fois le même parcours.

J’ai tiré un fil en travers du chemin,
et l’espace s’est dénoué .
Je l’ai saisi ,         ou bien quelque chose
a guidé ma main, pour traduire en mots
ce dont je n’avais aucune idée          l’instant d’avant :

une sorte de funambule          mesurant la distance
         entre les nuages,
et le fracas assourdissant du silence…


RC – mai 2016


Je te savais capable, d’élever des murailles – ( RC )

photo  Gwen Coyne

photo:          Gwen Coyne

Juste au bord des éléments,
Ta voix déviée par le vent,
Plongeant dans l’entaille

Je te savais capable,
D’élever des murailles,
A dériver longtemps,

Au creux du firmament,
Des châteaux se sable,
Ceux d’une enfance,

Arc-boutés en résistance
Se prolongent chaque matin,
Accompagnées de tes rires,

A refaire et à re-construire
En un tournemain,
Ce que la mer a détruit,

Elevant des remparts,
Contre la puissance des flots…
>             Un orgueil inutile ?

A dresser une île,
Toujours provisoire,
Survolée des oiseaux.

Et tes gestes recommencés,
Nourris de mots bus,
Etaient comme des notes,

Que l’on voit danser,
Dans l’obscurité d’une grotte,
Où l’on est pieds nus,

Fragile devant l’immensité,
Devant le fracas et le bruit,
Et l’épaisseur de la nuit.

Nous faisons cercle autour d’un feu,
Encerclés des ombres des rochers,
Et des vagues prédatrices,

Bien sûr il ne restera rien du château, ou très peu,
Pas une trace, pas une cicatrice,
Mais nous viendrons recommencer…

RC – Novembre  2013