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Sol immobile d’hiver – ( RC )

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dessin perso –  fev 2017

 

Au delà des bosquets,
De la mousse sur les murs,
des escargots réfugiés sous la bordure,
quelques pas sur les allées

et le sol immobile  d’hiver,
je crois te voir, à portée de mains,
–  même  s’il n’y a personne dans ce jardin.
Pousseras-tu un jour la grille  de fer  ?

Car dans mon esprit  tu vas  survivre,
Je patienterai, avec le retour des feuilles,
Tu mettras de nouvelles couleurs à mon deuil,

J’ouvrirai une  nouvelle page  du livre.
Un chapitre en sera le témoin :
le temps  d’une  saison,      je te rejoins .

 

 

RC – mars 2016

en écho à un texte  de Béatrice  Douvre  « le jardin »

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Traduire la douceur – ( RC )

 

 

 

 

photo: Severine C

photo: Severine C

Comment  dire  la douceur , juste au bord de soi,
qu’on enjambe ( comme un grand pont, la rivière).

C’est un rai de lumière, qui traverse la table  du jardin,
c’est la brise agitant les premières feuilles  tombées,

ce sont les petites  rides  autour de ton sourire,
la verticale  d’une chair  pâle échappée d’un secret,

et tes doigts  serrés  sur les miens…,
qui la traduisent mieux  que la chanson des mots .

RC – sept 2015


Panne de photocopieuse – ( RC )

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Voilà ce que c’est,

Tu fais trop confiance à ces choses,

Et un jour elles se refusent,

Bien sûr ,  quand y a plein d’trucs à faire

J’étais avec mes feuilles à la main,

Regardant l’temps qui m’restait,

Alors j’ai essayé d’lui parler,

D’l’amadouer,

Cte fichue phocopieuse,

Lui parler, la palper,

Même  rebranchée, rien n’y fait

Y qu’la s’crétaire qui s’y connaît

Qui sait où mettre les doigts,

Qui tripote les manivelles,

Qui sent sous les aisselles,

Qui tire sur le papier,

Coincé dans les tambours,

…Elle a dû confondre,

M’a coincé sous les tiroirs,

La machine est r’partie,

En gigotant ses néons,

Pendant qu’la s’crétaire

Gigotait tout autant sur moi,

( elle sait faire avec les doigts)

Y avait un lit d’papier froissé,

Et ses lèvres un goût d’poudre d’encre,

Et l’téléphone là-bas

Qu’arrêtait pas d’sonner…

Y avait qu’à mettre la pancarte,

Ne pas déranger !

RC – nov 2015


Etourneaux d’Uzès – ( RC )

Les premières pluies sérieuses, ont vidé la place,

Seules les arcades, celles que l’on nomme « couverts »,

Sont encore illuminées ce soir,

Et   les visiteurs sont rares,

Dans les rues d’Uzès.

Dans la grande place aux couverts,

Les platanes sont comme candélabres,

A leur pied, les feuilles roussies,   balbutient,

Un souvenir d’été,

Sous un ciel indigo.

Le voisinage des boulevards,

Se courbe dans une voûte,

Sous la coupole des branches,

Prêts pour un futur ailleurs  .

Des milliers d’étourneaux              tissent,

De leur bruissement,

Une étoffe impalpable,

Suspendue dans les arbres,

Et     au baiser de l’automne.

RC – oct  2013


Fumées de l’enfance – (RC )

Photo: Ryan McGinnis

 

J’ai mangé la couleur  des rires

C’était,           je me rappelle,

Celle  des  feuilles  de platane,

Qu’on brûlait,

Dans un coin de la cour,

 

Et la fumée  acre,

Des douleurs  de l’enfance

Lorsque qu’on se retrouve

Tout à coup,  déporté de soi,

Et de l’été insouciant,

 

Derrière de hauts murs,

Où le vent même,

Semble  s’arrêter,  debout …

 

La vie au-delà,

N’en est plus que l’image.

On la conserve pour soi,

Au long de la matinée,

Qui, lentement s’étire.

 

La circulation lointaine,

Les vendeurs  hélant les  chalands,

Sur la place  du marché,

Sont des échos  d’un monde,

Où l’on ne prend plus part        .

 

 

RC – juin 2014


Un nid – ( RC )

 

 

création: Nils Udo

 

Les  choses  ne sont plus

Ce qu’elles  étaient,

Comme cette  fois

Avec les  branches  des arbres,

Nouées  sur le ciel,

A la luminosité faiblissante.

 

Le sol mousseux  glissant,

Etirant le piège humide,

De racines  sournoises,

Se prolongeant peut-être,

Au-delà du visible,

Dans les  profondeurs  de la terre…

 

Maintenant, le retour sur les lieux,

Bien des années plus tard,

Rend la forêt moins  hostile.

Elle  est devenue  un abri,

Et si tu te loves,

Replié  sur  toi-même.

 

Au creux  de ces mêmes  racines

Une obscurité tendre,

T’enveloppe,

Avec son nid  de feuilles  sèches,

Où  tu pourrais  t’y cacher,

Au point de t’y fondre…

 

Un retour aux  sources,

quand  tu t’endors,

Sourd à tous les appels,

Parcourant la surface.

Loin au-dessus,

C’est un autre monde…

 

 

RC –  juin  2014


Lettres flottantes ( RC )

photo:       Anne Addie, inspirée par  Andy Goldsworthy

Je laisse s’écouler, ces étendues sauvages du coeur,
Dont je ne vois pas les tourbillons,
Sous sa surface , étale.

A cette accalmie de l’eau épousant chaque recoin
Qu’on lui offre  ,            Ces bribes de mémoire,
Sont comme des feuilles roussies.

Elles dérivent lentement, marquées d’or
Et posées, comme des lettres d’alphabet,
> Suivant leur destin d’automne,

A former des phrases,
Que je ne pourrai lire,
Seulement avec des yeux qui ne sont pas les miens.

Un message d’un éventail de couleurs,
Retenues, comme ton souffle,
Un instant par un bois bloqué sous une pierre.

–      Mais elles s’enfuient lentement,
Sous la voûte des branches,
Et se bercent de remous, plus loin,vers le pont,

Ecrivant peut-être,
Dans un rai de soleil et de brume,
Une lettre qui me serait adressée…

Je ne sais…
….Un signe de ta part,
Porté par la ronde des saisons.


RC – 12 octobre 2013

Art:           objet « incidental »      Andy Goldsworthy


Installé sur ton arbre (RC)

art:       Pierre Alechinsky

Comme  je  voletais  de ci de là
J’ai trouvé l’espace libre et je m’y suis mis
Installé  sur ton arbre, la branche amie
Elle  était douce, moelleuse comme matelas

L’automne  avait déserté le deuil
Les couleurs  étaient en tapis de peinture
Autour de ton tronc, belle garniture
Le vieux  chêne  gardait quand même quelques feuilles

J’irai prendre un verre de whisky,
Et pour qu’un peu, je me penche,
Sur les veines de tes branches,
–     Les encres d’Alechinsky   –

Adossé à la baie  vers le port
Au mystère  d’écriture je te lirai
Et d’un grand orage je m’enivrerai
Aux pages feuilletées, j’en ferai bonheur.

 

RC-     29 novembre 2011,         modifié septembre 2013

 

En réponse à  « cette nuit… »,  le poème d’Adeline  que l’on peut  lire ici…