Textes poétiques et d'actualité -nulle part ailleurs !

Articles tagués “feu

L’autre côté de l’ombre – ( RC )

Image associée

 

Il y a le  feu  .
Peu à peu ,    il s’essouffle,
Et le creux de l’âtre  palpite,
D’ oranges  aux  bruns et rouges .

J’ai écrit  sur la lumière,
Et là, je vais le faire ,
Sur les ombres …
–   Petit à petit,
Elles vont  s’allonger  au plafond,
Les meubles s’y confondre  .

Les couleurs  s’épuisent  .
>  C’est une  chambre noire,
Comme celle  au fond
D’un appareil photo,

Et mes pupilles  dilatées,
Perçoivent le peu,
Les lueurs fugitives,
Parcourant l’âge de la nuit,
Ou,   une nuit sans  âge ;
Où tout s’immobilise  .

Tout,          sauf la pensée,
Restée  éveillée…
Quelque temps encore  …
L’occasion d’apercevoir,

Lové dans le creux  du lit ,
Le corps          de l’aimée,
Emergeant à peine du gris .
Un petit pinceau,
Dessine ,         en lisière de lumière ,
La colline        de son épaule ,

Découverte à la tiédeur,
Parallèle au souffle     de ses rêves .
Je lui tiens sa main ,
Et celle-ci me conduit sans peine,

De l’autre côté.

RC-  nov  2014

Publicités

Ce qui tremble en moi – ( RC )

002floraltete-silh005 swesign-vector-i-                                               mixage image  perso  –

Je n’ai pas conscience de ce qui tremble en moi,

Peut-être une horloge, au balancier d’argent,

Un feu consumerait  lentement l’églantier,

Qui y est planté.

Peut-être que remuent des noyaux de cerise,

Déposés là par des oiseaux de passage, pendant mon sommeil.

Il y a aussi en moi, un enfant,

qui pêche le soleil,     tombé dans une flaque d’eau

pas plus grande que ça,

mais cela suffit à réchauffer le corps :

Je laisse tout çà à l’abri.

Les idées s’y bousculent.

Chacune y trouve sa place, même si le tirage,

Comme au loto, s’y fait dans le désordre.

Il n’y a pas d’endroit très précis ,

Dans lequel je me retrouve ;

Puisqu’ aussi bien en janvier, qu’en juillet ,

Je parcours les nuages, qui traversent ma tête.

RC –  juillet  2015


Au contre-jour des flammes – ( RC )

peinture: Jorge Castillo

peinture:   Jorge Castillo

 

Il y a une ombre.
Elle  danse,
Transcende
les formes,
selon le caprice du feu.

Des dents  s’en élancent,
illuminent l’âtre…
Une  coque ardente,
s’échappe des cendres.
On ne peut la saisir,
sans se brûler
les doigts.

Et aussi ton ombre,
insaisissable,
projetée sur les meubles,
agrandie  au mur,
mouvante.

Mais tu es là,
Au contre-jour
des flammes,
A portée de mains,
tiède, ondulante,
sculptée  de lumière
orange.

La joie y danse,
J’en suis les courbes,
les dessine avec mes mains,
sans me brûler …

…  quoi que   !

 

RC


Stature d’oppresseur – ( RC )

 

homme tete de fumée

 

 
Debout encore, le visage mangé
Par un rideau de fumée,
Où vas-tu te dissimuler,
Sans qu’on ait à te chercher ?

Au fond des failles, les creux
De ceux qu’on allume,
Même au sein de la brume,
… Pas de fumée sans feu…

Celui-ci, lentement se consume,
Même si dehors, il gèle,
Que des oiseaux, des ailes,
Volètent encore des plumes,

Ou que le feu morde,
Serpente et s’insinue,
Le long des fibres ténues,
Que plus rien ne raccorde.

Es-tu encore quelque part,
Ou rongé du dedans ?
– détruit ou renaissant,
A l’intérieur de tes remparts …

Un corps assiégé et putride,
Vaine stature d’oppresseur,
N’ayant plus d’épaisseur,
Et n’entourant que du vide.

RC – mars 2014

 

image Euronews


Je te savais capable, d’élever des murailles – ( RC )

photo  Gwen Coyne

photo:          Gwen Coyne

Juste au bord des éléments,
Ta voix déviée par le vent,
Plongeant dans l’entaille

Je te savais capable,
D’élever des murailles,
A dériver longtemps,

Au creux du firmament,
Des châteaux se sable,
Ceux d’une enfance,

Arc-boutés en résistance
Se prolongent chaque matin,
Accompagnées de tes rires,

A refaire et à re-construire
En un tournemain,
Ce que la mer a détruit,

Elevant des remparts,
Contre la puissance des flots…
>             Un orgueil inutile ?

A dresser une île,
Toujours provisoire,
Survolée des oiseaux.

Et tes gestes recommencés,
Nourris de mots bus,
Etaient comme des notes,

Que l’on voit danser,
Dans l’obscurité d’une grotte,
Où l’on est pieds nus,

Fragile devant l’immensité,
Devant le fracas et le bruit,
Et l’épaisseur de la nuit.

Nous faisons cercle autour d’un feu,
Encerclés des ombres des rochers,
Et des vagues prédatrices,

Bien sûr il ne restera rien du château, ou très peu,
Pas une trace, pas une cicatrice,
Mais nous viendrons recommencer…

RC – Novembre  2013