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Fragments de marbre de Gortyne – ( RC )

734k5 Gortyne, olivier âgé de 1600 ans et colonne

photo  Thierry Jamart photo  Thierry Jamart  ( Gortyne –  Crète )

Je suis encore trop loin
pour entendre le fracas des étoiles .

D’autres, par delà les siècles l’ont-il perçu ?
Des volcans se sont réveillés,
ont tout balayé sur leur passage.

Des gestes sont restés suspendus,
Des temples se sont écroulés.

On se dit que les temps sont morts,
la vie ayant déserté les villes.

On trouve encore fréquemment
des tronçons de colonnes dans les champs.

Les oliviers, eux, se souviennent,
des tragédies grecques , du voyage d’Ulysse.

Certains sont millénaires.
Ils tiennent dans leurs racines
des morceaux de statues de marbre.

Les regards sereins, enfouis sous la terre
ont tout le temps de capter les récits des héros,
et de surprendre l’éternité :

celle qui reste sous l’empliement des strates.

L’aubier de la jeunesse de ces arbres,
contient peut-être encore
la trace de l’incendie,

se nourrit aussi des cendres
et les vénèrent ainsi.


RC – juin 2016

 

( Gortyne est un site très ancien au centre-sud de la Crète, célèbre notamment  par  son « code de Gortyne », grande inscription encore visible…

voir  aussi  l’extrait  du texte  de Lambert Savigneux,  visible ici:

 » le regard et sourire amasse le fracas des étoiles que je sens dans tes gestes quand tu t’actives dans nul autre but que de prendre le temps de vitesse et surprendre la mort enfermée dans les troncs que tu dessines »


Des étoiles et des hommes – ( RC )

 

 

Ces étoiles qui nous narguent,
repassent  chaque  nuit,
au-dessus  des têtes,
– on peut faire abstraction des arbres
– repousser les nuages
( le cas  échéant )

Certains  rêvent de les atteindre,
ou, même, si ce n’est pas possible,
d’interpréter les signes,
de relier les points,
de dessiner des figures,
restant piquetées dans l’azur profond .

De l’autre  côté  du fleuve,
C’est le pays voisin.
L’étendue  d’eau sert de frontière,
C’est un espace  inconnu   ;
Il n’y a pas  de pont,
permettant de relier les  rives …

Ce sont   des étrangers,
Leur langue est âpre,
Leurs  coutumes ne sont pas les nôtres ,
Mais nous savons, qu’ils ont ,
comme nous , contemplé les  étoiles,
qui reviennent chaque nuit,
leur chuchoter leurs paroles .

Leur ont-elles  confié leurs secrets,
Tracé des lignes  du destin,
différentes de nôtres ?
Sont-elles plus accessibles,
et les planètes plus souriantes ,
ouvertes aux  prédictions ?

On se souvient d’un voyageur téméraire,
qui eut la chance de revenir vivant,
du pays voisin .
– nous étions en guerre -,
(pour des raisons  qui nous paraissent
bien obscures aujourd’hui).

Il nous a raconté, que c’étaient les mêmes  astres,
plantés  au même  endroit, semble-t-il,
et offerts à tous les regards,
présentés dans leur  écrin de ciel.
–   Des diamants laissés hors de portée,
échappant ainsi à la convoitise des hommes.


RC – janv  2015


Sous les fruits d’un printemps amoureux – ( RC )

photo  Hélèna  (  St Petersburg)

photo Hélèna ( St Petersburg)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Sous les fruits d’un printemps amoureux.
Vois comme les branches ploient,
Et comme la vigne vierge luit,
Sous les graines de pluie.

Viens suivre la lune argentée,
Elle attire les marées, et répand son sel,
Brillante traînée  d’étincelles,
A la surface des eaux…

Bercés d’infinis , la tiède candeur
Des jours d’étés, nous entraîne,
Dans les jeux de la passion,
Où l’âme et la chair se confondent.

Nous avons oublié ,
La nappe improvisée et les gobelets renversés,
Pour emprunter une comète,
A peine dissimulés dans l’herbe haute.

Viens, mon amour,
Nous ferons d’autres voyages,
Sous toutes saisons,
Nous oublierons la terre.

….Pour contempler dans nos yeux les étoiles.

RC –  août  2014


L’autre réponse à l’énigme du sphinx – (RC )

 

photo Patrick McCoy

photo Patrick McCoy

Ses mots labourés par sa peau,
L’oeil sans pupille, me regarde et pleure,
Ses baisers fiévreux allongés
Sur les lettres d’un autre alphabet,
>     La bouche ouverte reste muette,
–   autre réponse à l’énigme du sphinx  –
Courbes croisées dans une encre ardente
Jaillissant,                    sans mots audibles
Comme des sillons tracés des étoiles,
Et –   jusqu’où aller pour les suivre…

RC – juillet 2014


S’arracher au sol – ( RC )

art: boîte de Joseph Cornell

art:         boîte de    Joseph Cornell


La tête à l’envers,
Montée sur l’échelle,
Quelque part sur la terre,
Au delà du ciel,

Crevant les nuages
Après l’ascension lente,
Que rien ne décourage,
Même pas les pentes,

D’abruptes avancées,
Et de rochers branlants
Aux horizons fermés
Et leurs glaciers luisants.

Comme des mâts de cocagne,
Plantés comme un défi,
Au milieu de la campagne,
– caprices de topographie…

Alors , il est bien tentant,
De s’arracher au sol
Combattre la pesanteur en la bravant
Pour prendre son envol.

Il est tombé, le soir,
Sur le Mont Aigoual,
Tu vas mieux pouvoir
Observer les étoiles,

Que depuis son observatoire
Et croiser les satellites
Dans la nuit noire,
D’un espace sans limites …

Les cheveux de couleur
Des aurores boréales,
Feront ton bonheur,
D’un vol sans escale

En chevauchant Pégase,
Et ses ailes ,   sur l’air,  appuyées ,
Ignorant les cases,
Des jeux de société.

Tu iras bercer les lunes
Dans tes bras blancs
Survoler les dunes,
Et les soleils aveuglants.

Et les pays lointains,
Dont tu rêvais,
Seront à portée de main,
Et même si près,

Que la planète te semble
Bien petite , ma foi,
Même si elle tremble,
Encore, et aussi de froid

Pour les habitants de la terre,
Il serait aussi passé de mode,
De se faire la guerre,
Même aux antipodes….

Fini le temps des nations,
Des bains de sang,
Et de la désunion,
Tu auras bien le temps

De faire un petit tour et revenir,
Accrochée à une étincelle
Le temps d’un soupir,
Et d’un coup d’aile….

RC-  janvier 2014


Demande à la nuit – ( RC )

-Demande à la nuit, ce que tu voudras,

Elle cache dans ses bras longs,

Jusqu’à l’aurore

Le langage des couleurs,

Qui s’éteignent, fatiguées du jour,

De la chaleur et du bruit,

En cherchant un peu de fraîcheur,

Dans la face cachée de la planète.

Demande à la nuit, ce qu’il te plaira,

Le ciel nocturne, au-dessus des nuages,

Ne cache rien, de la pluie de lumières,

Qui scintillent dans le noir,

Et envoient des messages,

Que le jour ne peut voir,

Tournant le dos aux astres,

Et aux galaxies.

Demande à la nuit ses secrets ;

Elle garde le silence,

Sur sa naissance,

Et celle des planètes.

Les étoiles s’y tutoient,

A coups d’années lumière,

Elles, qui chuchotent,

A travers l’infini.

Demande à la nuit, où va le monde,

Dans sa course folle,

Il semble              immobile,

Sur son orbite,

Accrochée à son astre

Une poussière du temps.

>   Si le soleil s’éteignait,           il se nourrirait,

Justement,                                     de cette nuit.

 

RC – 11 octobre 2013

(une réponse à Marianghjula Antonetti-Orsoni ( nuit obscure)


Sous la chemise ( RC )

art: dessin perso

art:            dessin perso   2001

Quand il y a de la place pour un

Y en a pour deux,

Dit-on,

 

Et sous la chemise

Tu es douce

De tous tes rêves,

 

Qui rebondissent,

En deux seins dressés,

Ils appellent mes mains,

 

Avec toi, le seul témoin,

D’amour, ce parcours

> C’est la chemise.

 

Je m’y suis glissé,

Quand il y a de la place pour un

Y en a pour deux,

Dit-on,

 

Tu es petite,

Il y a de l’espace,

Pour moi

Sans y être à l’étroit,

 

Quand je t’enlace

Sous la chemise,

Et ta chaleur ronde,

En pentes.

 

Que nous gardons

A l’abri des courants d’air…

Il n’empêche,

Que tu frissonnes ,

 

Alors si je mets un bras

Dans ta manche,

On est parés pour l’automne,

 

Et, des nuages de coton,

Je sers d’oreiller,

Pour tes hanches,

 

Belles comme celles

Que peint Amedeo..

 

Une chemise n’est pas faite

Pour deux,

Ou alors c’est le chandail,

 

Pour les amoureux

Que chante Juliette,

 

Et qui relâche ses mailles,

Devenu trop grand,

Avec le temps…

 

Au début, elle serrait un peu

Quand je suis venu chez toi,

 

Petit prince ou jeune roi,

Le bienheureux…

 

Notre chemise est un bateau,

Nous en gonflons les voiles,

Restés bien au chaud

Partis en pleine mer,

 

Affronter l’hiver,

En tête à tête,

Echangeant des baisers,

En guise de tempêtes,

 

En comptant les étoiles,

Puisque j’avais soufflé,

Si fort ,                        que le bateau,

Au ciel est parti,   bien loin de l’eau…

Ce texte fait suite à celui d’Astrid Waliszek, « le peignoir »: https://www.facebook.com/notes/astrid-waliszek/le-peignoir/384940408194336

et se réfère à la chanson de Juliette Greco : « le pull-over »

RC-  15 août 2013

peinture: Amedeo Modigliani: nu couché

peinture:           Amedeo Modigliani:      nu couché