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Tirer un fil en travers du chemin – ( RC )

statuette  ss tête  au geste.jpg

dessin perso           d’après une  statuette de la Grèce Antique

J’ai tiré un fil
en travers du chemin .
Je l’ai attaché aux arbres  :
je comptais arrêter le ciel bas,
comme le font les araignées,

et, comme elles, j’aurais attendu,
        que la lumière
se dissolve dans les flaques,

       que l’écriture me propulse,
tel le vent dans les feuilles,
bien au-delà d’où portait mon esprit.

Et s’il faut attendre longtemps,
je la sentirai peut-être secouer mes cheveux,
– s’il en reste – et même,     qu’ils soient blancs.

Je ne compte pas suivre la foule des gens,
qui ne croient plus en la parole,
même la leur, et poussent leur valise,      le dos courbé,
à la façon du rocher de Sisyphe,                  obstinés,
mais pas étonnés de faire chaque fois le même parcours.

J’ai tiré un fil en travers du chemin,
et l’espace s’est dénoué .
Je l’ai saisi ,         ou bien quelque chose
a guidé ma main, pour traduire en mots
ce dont je n’avais aucune idée          l’instant d’avant :

une sorte de funambule          mesurant la distance
         entre les nuages,
et le fracas assourdissant du silence…


RC – mai 2016


Par ma bouche, j’embrasse l’atmosphère – ( RC )

image  » paper moon »

L’écrit sort  de l’esprit,
Des replis  du cerveau,
Une subtile alchimie
Au destin fait de mots

Ainsi, ce que donne la voix ,
A travers les  airs
Laisse vibrer l’émoi,
Au delà des vers …

Il faut donner la parole,
A celui qui lit,
Rentrer dans le  rôle,
Du texte,    par le cri

A la fin de cet envoi,
… Je touche,
Et j’écris pour toi,
Par ma bouche …

C’est un baiser léger,
Qui embrasse l’atmosphère …
( J’ai toujours rêvé
De prêcher dans le désert ).

Mais , au fil des heures lentes,
Au long chemin de ma route,
>  Contre  toute  attente,
Si quelqu’un  écoute …

Et si,       avec ce poème
Un jour se croisent  ;
Des mots que je sème ,
Il se pourrait que s’apprivoise ,

Un peu ton oreille,
Pour que les sons,
–    Comme bourdonne l’abeille
écrivent leur chanson .

RC – déc  2014


Des instants, enrobés de l’épaisseur inconnue de la nuit – ( RC )

sculpture perso:  "le petit dormi"...  relief  inclus  dans un façade. (pierre)

–         sculpture perso:           « le petit dormi »… relief inclus dans un façade. (pierre)

 
Il y a des cloches qui tintent à la volée,
Elles résonnent en silence,
Répondent aux instants,
Enrobés de l’épaisseur inconnue de la nuit,
Quand nous marchons tous deux
Dans la voie mystérieuse du sommeil .

Ce qu’il reste d’une fête qu’on ignore …
Des regards plongés dans une profondeur,
Dont on ne sait plus rien,
Tournés à l’intérieur de notre être,
Fenêtre discrète du coeur.

Nous portons l’oubli dans notre esprit,
Et la beauté de la neige immaculée,
Que l’on découvre au matin,
Accordée à la musique de ta voix,
Quand je me réveille,
A tes côtés.


RC – sept 2014


D’étranges plumes à la fenêtre – ( RC )

dessin perso  -  croquis  à partir  de boutique d'antiquité parisienne.

dessin perso – croquis à partir de boutique d’antiquité parisienne.

On garde bien au creux de son esprit,

Les chants d’amour qu’on y fait naître

De somptueuses couleurs au fond du nid,

Et d’étranges plumes            à la fenêtre.

A ne pas oser les chanter,

Et les laisser dans la maison close,

L’absence d’air va les éventer,

Aussi longtemps     qu’ils reposent…

Comment ces oiseaux sont-ils nés ?

Nul pour l’instant, ne sait y répondre…

Ce serait une génération spontanée,

Apparue sans qu’on ait à pondre…

Alors plutôt que les décrire,

J’ouvre la fenêtre            sur l’été,

En laissant la chaleur envahir,

Et donner aux chants, leur liberté.

La chair et le sang se sont faits verbe,

Et s’envolent avec ferveur,

Parmi les arbres et les herbes,

Prenant                         de la hauteur.

Il faut aussi que tu me dises,

La mélodie de ton livre,

Des chapitres à gourmandises,

Qui te rendent aussi, un peu ivre.

Les oiseaux de l’écrire,

Sont en mouvement .

…   Ils quittent les figures de cire,

Pour rejoindre le firmament.

It keeps well in the crook of his mind,
Songs of love that gives birth
Sumptuous colors at the bottom of the nest,
And strange feathers to the window.

Not to dare them singing ,
And leave them in the closed house ,
The absence of air the fan will ,
As long as they rest …

How these birds are born?
Nobody for now, no one knows answer …
It would be a spontaneous generation ,
Appeared without having to lay …

So rather than describe ,
I open the window on summertime
Leaving the heat invade
And give the songs , their freedom.

Flesh and blood are made verb,
And fly away with fervor
Among the trees and grasses ,
Taking the pitch.

We also need you to tell me ,
The melody of your book
Chapters of delights ,
That  also makes you      a little drunk.

Birds of writing ,
Are in move.
…They leave  wax figures ,
To reach the firmament.

RC – February 2014

RC-   février 2014


Masque – ( RC )

masque  Baoulé de     Côte d’Ivoire

La magie du masque,
Ne dit rien que son visage noir,
Le bois creusé, que l’on dirait
Moulé sur un corps,

Un abri, derrière lequel
Il se réfugie,           –
–    … Je suis en compagnie,
D’un esprit.

L’ombre d’une face,
L’épreuve du silence,
Laissant sa trace,
Au-delà des gestes  ;

Ceux de la danse,
Le lien vers un peut-être,
Sévère et magnifique,
De traduction magique

C’est une patine offerte,
Repoussant la lumière,
Happée vers l’intérieur,
Vers des mots d’une autre langue

Et qu’on protège  des regards,
Du commun des humains.
Les lignes de ses formes fondent sa force,
Son action saluée , bénéfique,

Quand le masque  est de sortie,
Chassant en conviction,
Les mauvais esprits,
Les mauvaises récoltes

Viens demain,
Sans lui, en habit de paille,
Remise-le dans l’ombre,
Les yeux fermés

La bouche ouverte,  …
Le masque sacré
Veille même sur la nuit
Et aussi notre destin.

RC – décembre 2013

masque africain- Afrique centrale

masque africain- Afrique centrale


Toi qui négliges, repousses, le froid qui épuise – ( RC )

montage  perso

montage perso

Ignores-tu les lendemains qui dessaoûlent ?

Ainsi, n’amasse pas mousse, la pierre qui roule..

Tu fonces, droit,

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Ajustant des pas – maladroits,

Mais enveloppée de lumière,

Tu passes légère,

_

Toi qui négliges

Et repousses le froid qui épuise,

Et , les dents qui crissent.

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Ton fruit est lisse,

Contre les petites pommes rétrécies,

Que l’on trouve aussi,

_

Oubliées dans les paniers,

Des jardiniers

Où se dilapide,

_

Les autres en rides.

Ignorant , tout autant,

Les traverses du temps.

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Ainsi, à tire d’ailes,

Tu voles, éternelle,

Et planes sans bruit.

_

C’est peut-être une vue de l’esprit,

Des rayons que tu projettes,

– A l’intérieur de ma tête,

_

Mais toujours cet attrait,

Précédé de ton portrait,

Où tu traverses , indifférente,

_

Les obstacles et les pentes.

On dira , que tu te promènes,

En habits de reine,

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RC – 25 novembre 2013

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