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La larme de tes yeux enneigés – ( RC )

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Cette larme quitte tes yeux enneigés,

D’un léger vent,             balayée,

Egarée au creux de l’oreiller,

…. Et l’air qui veille,                 si léger.

 

Qu’il pourrait au fond,

Tout dissimuler,   cacher … faire semblant

Broyer , comme   d’autres, font au   noir ;     du blanc,

Sous la multitude  des flocons

 

Le temps long,        chavire, sur ce qui s’étire,

Et les pleurs compressent ton espace,

( Une neige avant de fondre,       muée en glace  ) .

La perle blanche alors,   partie s’évanouir –

 

Au milieu des cristaux,

Quitte son poids de plume,

Et se jette dans l’écume,

  •        De ton propre ruisseau.

 

 

RC-  avril 2014

 

 

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Tirer un fil en travers du chemin – ( RC )

statuette  ss tête  au geste.jpg

dessin perso           d’après une  statuette de la Grèce Antique

J’ai tiré un fil
en travers du chemin .
Je l’ai attaché aux arbres  :
je comptais arrêter le ciel bas,
comme le font les araignées,

et, comme elles, j’aurais attendu,
        que la lumière
se dissolve dans les flaques,

       que l’écriture me propulse,
tel le vent dans les feuilles,
bien au-delà d’où portait mon esprit.

Et s’il faut attendre longtemps,
je la sentirai peut-être secouer mes cheveux,
– s’il en reste – et même,     qu’ils soient blancs.

Je ne compte pas suivre la foule des gens,
qui ne croient plus en la parole,
même la leur, et poussent leur valise,      le dos courbé,
à la façon du rocher de Sisyphe,                  obstinés,
mais pas étonnés de faire chaque fois le même parcours.

J’ai tiré un fil en travers du chemin,
et l’espace s’est dénoué .
Je l’ai saisi ,         ou bien quelque chose
a guidé ma main, pour traduire en mots
ce dont je n’avais aucune idée          l’instant d’avant :

une sorte de funambule          mesurant la distance
         entre les nuages,
et le fracas assourdissant du silence…


RC – mai 2016


Paroles ténues – ( RC )

Image associée

peinture: Mary Cassatt

 

J’ai tenu tes paroles ,

Comme l’on cueille

une eau précieuse ;

De peur qu’elle s’évapore .

J’ai refermé les doigts sur elles…,

C’était peu de chose

Ces quelques lignes dansantes

Et pourtant ouvrant grand

L’espace de douceur…

Je les ai tenues,

Entre le pouce et l’index .

Une feuille légère,

palpitant dans le vent,

Et à la promesse de l’aube.

RC – fev 2015


L’imagination complète, tout ce qu’on ne voit pas – ( RC )

photo: John Tucker

En navigant à vue,
Je  devine   –       et c’est pénombre … –
Des traits                   qui se forment,
Des volumes posés dans des drapés

Et les lignes des persiennes,
S’étalant  sur le sol,      le fauteuil,
Courbées par son torse,     ses bras.

Puis l’image change,
Et son corps se déplace,
Jusqu’à se perdre    quelque part,
Au-delà du cadre …

Ce sont des images  fugitives,
Où         l’imagination complète,
Tout ce qu’on ne voit pas  .

On plonge dans l’énigme
Incertaine ,       de formes floues,
Le regard ne sait pas où se poser.

Il vient,        hésite,           et repart  ,
Mais toujours contenu,
par l’espace limité,
–                 du trou de la serrure.

RC – sept  2014


Les anges à la fenêtre – (RC )

          photo:     jhalfie

Venus  frapper  à ma fenêtre,
Les anges        –  ils m’ont fait signe …
Voulant passer de l’autre côté,
Du ciel

Découpé en rectangles,
Encadrés de rideaux,
Fixés sur la maison,
….  Une pure illusion.

Le ciel était juste debout,
Dressé de son reflet,
Avec même le sommet d’un arbre,
Pour s’y reposer.

…On ne se pose pas sur une image,
Même  si elle  est peinte,
On ne traverse pas sans risque,
Le décor  –  on glisse sur sa peau lisse…

La profondeur était surface,
Le miroir prolongeant l’espace,
Semble-t-il infiniment,
Avec son mur impalpable.

Ces anges ,    ces oiseaux,
Stoppés dans leur vol…,
Venues frapper du bec à la fenêtre,
Ce matin,     les mésanges.

RC –  mars 2014


Georges Rousse – à la MEP – et Arles

L’espace Holbein, publie  dernièrement un article  sur l’artiste  » metteur en images »  Georges Rousse-  dont  voici le début…

Maison européenne de la photographie

     Georges Rousse à la Maison Européenne de la Photographie
Tour d’un Monde
  Avec son intervention  pendant les  rencontres  de la photographie, en Arles  en 2006,  je me suis  attaché  à  « déconstruire » la façon dont sont faites les images  de Rousse,  qui privilégie toujours  le point de vue unique En cela je trouve que la démarche de l’artiste, même  si elle  est intéressante  dans l’illusion,  est datée, dans le fait que cela  se rapporte à un seul point de vue, centré sur un spectateur  ( les autres  n’ont  qu’à se pousser)…  et en cela  proche des artistes  de la Renaissance, avec la perspective conique …   

je préfère de beaucoup les points de vue multiples, et aléatoires,  …

 A noter,  toujours  sur l’espace Holbein,  cet article, qui met bien en évidence le procédé de reconstitution « in situ », quand le personnage  spectateur  se place au point idéal… 


en fait ce qui m’intéresse le plus, n’est pas  dans le  résultat « idéal », la reconstitution, mais  de voir des formes  annuler  l’espace,- semblant en suspension…. 

comme  dans les oeuvres  de Felice Varini– qui m’intéressent davantage, car elles  sollicitent moins  de « mise en scène » obligatoire…,

en étant souvent ouvertes  sur l’extérieur, ou des lieux  de passage pas  forcément déclarés artistiques…


Tour d’un monde, c’est le titre d’une  très belle exposition de Georges Rousse,  à la MEP, que l’on pourrait appeler, sans aucune équivoque, une rétrospective. Tout y est montré, jusqu’aux travaux les plus récents.
Pour qui n’aurait pas encore la chance de connaître le travail de cet artiste , il suffit de cliquer sur l’image de gauche* et, comme par enchantement, tout s’expliquera sans aucun recours à la moindre explication…
Rousse est modeste et son Tour d’un monde n’est pas le Tour du monde. Mais le monde est rond, non?  Comme ici.
Article auquel je vais ajouter  mes propres  « vues »  de Georges Rousse,  il s’agissait d’une installation (  en fait, plusieurs), réalisées  au musée réattu d’Arles..