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Des êtres qui mangent les étoiles – ( RC )

–     Yuri Gagarin 20858624620.jpg

Ce sont ces êtres

qui mangent les étoiles,

leurs dits de poètes,
sont comme des comètes,
qui voyagent dans l’univers,
et finissent par retomber
après avoir enfanté
des lucioles,
des rêves d’enfance,
et quelques graines de folie.

Il y en a qui
nous ramènent les pieds sur terre,
qui nous parlent de la guerre,
rappelant que les larmes
ne sont jamais très loin.
Ne leur en voulez pas,
s’ils font tourner les galaxies,
à l’envers.
Leur sang est de fleurs
et de soupirs.

Pourquoi sont-ils
toujours ailleurs,
dans l’échelle des valeurs
et si bon marché ?
C’est que les mots
appartiennent à chacun,
que tout le monde peut les prendre.
Ce sont des diamants accessibles
qui, malgré les apparences
ne sont pas à des années-lumière.

Pour voyager avec eux,
il n’y a pas besoin de fusées,
d’engins interplanétaires :
leur écriture est un mystère,
un voyage initiatique,
le jeu des images,
des métaphores et raccourcis,
nous emporte dans leurs écrits.
Pour voyager avec eux,
il suffit de les suivre .


RC

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Des regards portés bien plus loin que la distance nous séparant encore – ( RC )

 

 

 

photo:  Dina Bova

photo:           Dina Bova

 

 

 

Attablés sur la terrasse
Le café développe ses volutes
entre nous.
Elle  développe ses phrases
sans ponctuation.
Hésite dans le récit de sa vie
Mélange les épisodes,
Superpose   images et émotions,
comme le fait sa chevelure
dont les boucles  s’ornent
de la lumière du contre-jour.

Nous nous tenons par la main,
échangeons les matins vécus
de notre  marche
A travers l’enfance.
La traversée des mers,
les vents contraires….
Ces matins  se prolongent jusqu’ici,
comme se prolongent aussi
nos regards portés bien plus loin
que la distance
nous séparant encore  .

RC – oct 2014


Fumées de l’enfance – (RC )

Photo: Ryan McGinnis

 

J’ai mangé la couleur  des rires

C’était,           je me rappelle,

Celle  des  feuilles  de platane,

Qu’on brûlait,

Dans un coin de la cour,

 

Et la fumée  acre,

Des douleurs  de l’enfance

Lorsque qu’on se retrouve

Tout à coup,  déporté de soi,

Et de l’été insouciant,

 

Derrière de hauts murs,

Où le vent même,

Semble  s’arrêter,  debout …

 

La vie au-delà,

N’en est plus que l’image.

On la conserve pour soi,

Au long de la matinée,

Qui, lentement s’étire.

 

La circulation lointaine,

Les vendeurs  hélant les  chalands,

Sur la place  du marché,

Sont des échos  d’un monde,

Où l’on ne prend plus part        .

 

 

RC – juin 2014