Textes poétiques et d'actualité -nulle part ailleurs !

Articles tagués “écriture

C’est un drôle de truc – ( RC )

 

 

5-Sure-Ways-for-a-Freelance-Writer-to-Stand-Out.jpg

 

Je suis là,          et je n’y suis pas.
Il y a de la vie, passant par ma main,
mais elle est ailleurs aussi .
Il y a ce que je dis
et ce que je ne dis pas.
Les traces de mes pas,
et ceux de bêtes imaginaires,
qui se croisent
et se superposent.
C’est un drôle de truc ( l’écriture ),
disait Duras,
( autant dans les romans-photo ,
que dans les lettres
que je ne t’ai pas encore écrites )


RC – mars 2018

Publicités

Des êtres qui mangent les étoiles – ( RC )

–     Yuri Gagarin 20858624620.jpg

Ce sont ces êtres

qui mangent les étoiles,

leurs dits de poètes,
sont comme des comètes,
qui voyagent dans l’univers,
et finissent par retomber
après avoir enfanté
des lucioles,
des rêves d’enfance,
et quelques graines de folie.

Il y en a qui
nous ramènent les pieds sur terre,
qui nous parlent de la guerre,
rappelant que les larmes
ne sont jamais très loin.
Ne leur en voulez pas,
s’ils font tourner les galaxies,
à l’envers.
Leur sang est de fleurs
et de soupirs.

Pourquoi sont-ils
toujours ailleurs,
dans l’échelle des valeurs
et si bon marché ?
C’est que les mots
appartiennent à chacun,
que tout le monde peut les prendre.
Ce sont des diamants accessibles
qui, malgré les apparences
ne sont pas à des années-lumière.

Pour voyager avec eux,
il n’y a pas besoin de fusées,
d’engins interplanétaires :
leur écriture est un mystère,
un voyage initiatique,
le jeu des images,
des métaphores et raccourcis,
nous emporte dans leurs écrits.
Pour voyager avec eux,
il suffit de les suivre .


RC


Une toute petite armoire – ( RC )

art- Sophie Calle

 

C’est une armoire un peu bizarre ,
où se cachent plein d’histoires,
des souvenirs d’enfance,
de petits objets
que conservait ma mère
dans sa boîte de couture,
une boucle de cheveux blonds,
dans du papier de soie,
des bandes de papier
avec mon écriture tremblée
décrivant la grille du jardin,
les escargots qui se cachaient
sous le rebord du mur.

Comme on peut le deviner,
un secret reste un secret .
Il y en a de terribles
cadenassés à triple tour,
enfouis au fond de la mémoire,
qu’on s’efforce d’effacer,
mais qui reviennent
tôt ou tard,
à la surface.
Rassurez-vous
ce ne sont les miens .

Il y a , …. il y a
plein de choses encore,
tant qu’on pourrait s’étonner
que cela prenne place
dans cette petite armoire .
– Je ne ferai pas une liste :
– d’ailleurs à quoi bon ? –
elle n’a pas de fond,
car elle s’ouvre sur l’infini
et la course des étoiles .
Si vous l’ouvrez
( car je n’ai pas de clef )
vous n’y verrez rien
de particulier .

Je suis seul à savoir ce qu’il y a dedans…


RC – mai 2017


Ce qu’on ne voit plus – ( RC )

Image: Stephane Perraud- Galerie de Roussan

 

Si tu voyages  sur ma page blanche,

Tu y percevras  toute  l’épaisseur  des phrases,

Qui s’y sont déposées,

Au fil des années,

Et que j’ai inscrites,

d’encre sympathique  ;

 

L’écriture retournant sur elle-même,

Se recouvrant et s’effaçant,

Au fur et à mesure,

Comme de nouvelles vagues,

Posant leur trace  sur le sable,

Effacent le souvenir des anciennes.

 

Bien sûr la page n’a pas de mémoire.

Tu ne feuillèteras  qu’un cahier vierge,

A la marge un peu diluée,

d’une  buée rosée.

 

L’expression nous dit,

Qu’il faut lire entre les lignes.

 

C’est  sans  doute possible,

Mais  si tu n’y vois rien,

Tu pourras juste supposer,

que l’essentiel est ailleurs,,

Que les paroles  s’envolent,

Et les  écrits  …  aussi.

 

RC –  juin  2014


Fleurs noires d’écriture, sur papiers translucides.

 

photo:                Bernard Faucon

 

Les pages des recueils se détachent de mon esprit,
emportées par une brise ….         Elle s’est glissée

Par les fenêtres ouvertes de mes yeux
Même sans lumière, posés à l’intérieur.

Si tu veux les lire, comme du papier translucide,
Il faut d’abord les saisir au vol        ,

Leurs     fleurs noires d’écriture,
dansent devant les regards    qui s’approchent.

Elles s’enroulent doucement,
Chuchotant leur parole,

A celui qui les lit,      les consomme
Sans pour autant les consumer.

Ce sont des oiseaux blancs
Echappés           de l’ombre du coeur….

Si tu veux les suivre,
Les pieds décollés du sol,

Et parfois                la tête à l’envers          .
>         C’est s’immerger dans un tourbillon,

Où les repères basculent,
Comme quand tu te donnes,

Au silence d’un baiser,
Oubliant la pesanteur .


RC- août 2014

 


Une faible empreinte sur le sable – ( RC )

 –

 

 

A la vie, à la mort,
C’est le fruit du hasard,
Qui nous mène quelque part,
A bon port.

Qui a décidé de ma naissance,
A me savoir condamné,
A suivre ces années
Avec l’encre des sens ?

Je laisse sur le sable
Une faible empreinte,
Une trace peinte,
Si j’en suis capable…

Avant de m’effacer,
Je dépose à même le sol,
Juste quelques paroles,
Que le vent va chasser .

Si tu me croises un jour,
Lors d’une brise légère,
Toi, fleur primevère,
Tu verras mon contour,

Tracé de quelques mots,
Sur quelques pages,
Une sorte de camouflage ,
Derrière un rideau.

Et si tu le soulèves,
Tu liras peut-être
Quelques signes, une lettre,
Et la part de mes rêves.

Alors tu pourras décider,
D’une reconstruction,
Lancer des suppositions,
Avoir de moi une vague idée ,

Et partager bien sûr,
Une infime part de l’univers,
Cachée dans la lumière solaire ,
Et ses boucles d’écriture.

RC – avril 2014

 


Fleur du mur – ( RC )

Elle s’accroche dans les creux,
Dessine des arabesques ,
Des floraisons au sein
des murs arides .
Et cela grandit,

D’abord en lichens,
Recouvrant petit à petit,
L’écriture penchée
« défense d’afficher »,
Encore visible sur l’enduit.

Il disparaît à plusieurs endroits,
Révèle des pierres,   bien jointoyées,
Où bientôt ,          pointe de la couleur,
Un rose insolent,
Une fleur .

Elle échappe au sévère,
Et          s’est trouvée une autre nature,
Autant de vie,
A défier            le ciment
En un nouveau printemps.

 

RC – avril 2014

 

stone-wall-under-shadow-pink- 15


Mots en partance, aussi – ( RC )

Caponigro27

 

             

Un jour, allongé de tout mon poids,

Sur la roche rude, je n’aurai d’idées poétiques,

Que celles , rebondissant sur le gravier .

Elles correspondront à mon champ de vision,

Rétréci,

Et mon corps me sera un poids..

Incapable de me relever,

Les chiens me flaireront,

Ils ont la pensée vierge,

Et ignorent les livres ,

Sauf à les rapporter à leur maître,

Comment ils le font avec les pantoufles.

J’aurais pu te confier mes secrets,

Partager encore des images,

Elles, qui se cristallisent,

En confidences et écriture,

J’aurais été redressé sur un banc,

Encore mouillé de ses embruns marins.

Traînant encore mes vers,

Balbutiant ma langue morte,

Habitant encore, despotique,

Ma bouche, ma blessure ouverte,

— Pour enrober de détails inutiles,

Mon corps mourant.

Il n’y a plus de secret,

Et tu peux rire de moi,

La conversation est finie,

Le dernier chapitre s’est clos,

Je ne suis qu’un vagabond,

Allongé sur le rocher.

Sous un manteau gris et froissé,

A  sentir le froid me saisir….,

Les mots m’ont abandonné ;

Et j’entends tes pas crisser sur le gravier,

Puis diminuer, ….. – tu t’en es allé.

Je peux fermer les yeux.

RC – 18 novembre 2013


Installé sur ton arbre (RC)

art:       Pierre Alechinsky

Comme  je  voletais  de ci de là
J’ai trouvé l’espace libre et je m’y suis mis
Installé  sur ton arbre, la branche amie
Elle  était douce, moelleuse comme matelas

L’automne  avait déserté le deuil
Les couleurs  étaient en tapis de peinture
Autour de ton tronc, belle garniture
Le vieux  chêne  gardait quand même quelques feuilles

J’irai prendre un verre de whisky,
Et pour qu’un peu, je me penche,
Sur les veines de tes branches,
–     Les encres d’Alechinsky   –

Adossé à la baie  vers le port
Au mystère  d’écriture je te lirai
Et d’un grand orage je m’enivrerai
Aux pages feuilletées, j’en ferai bonheur.

 

RC-     29 novembre 2011,         modifié septembre 2013

 

En réponse à  « cette nuit… »,  le poème d’Adeline  que l’on peut  lire ici…


Au détour d’un regard ( RC )

 

 

 

 

 

photo: Daniel Herrera -  Anna

                                               photo: Daniel Herrera                – Anna

Au détour d’un regard,

Le temps d’un éclair

Capté dans le miroir,

Ce fut ta silhouette claire,

Et la rivière de ton appel…

Cascadent des notes lumineuses

D’accords, intemporels

Une chute en abîme, vertigineuse,

S’il suffit d’une minute,

Pour que j’endure,

L’éternité d’une chute,

Soumis à ta cambrure,


Le précipice de ton sourire,

Souligné de lèvres peintes

Se rappelle à mon souvenir,

Comme l’échappée de notre étreinte.

Ta blouse entrebaillée,

Une peau de neige fraîche,

Et le désir tenaillé,

Par tes yeux en flammèches,

Fait fondre mon armure,

A chanter pour toi,

Mes encres d’écriture,

Sans explications, ni pourquois.

RC- août  2013