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Comme ces coquilles – ( RC )

 

Apaisés ,  polis par la mer
N’ayant          plus la trace,
Même, de la douleur,
Nous serons déposes
Sur le sable,
Nos os éparpillés,
Comme ces coquilles,
Poussées par le ressac,
Léchées      par l’écume,
Ayant perdu aussi le souvenir,
De nos chairs,
Et de nos pensées.

RC  dec  2014

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Au commencement est le geste, à la fin, la douleur ( RC )

Sculpture  Michel-Ange - Pièta  1498

Sculpture Michel-Ange – Pièta 1498

Il y a toujours un commencement, mais nous n’en avons plus mémoire,

Ou c’est celle, animale, de l’embryon que nous fûmes…

Aussi on nous dit la Genèse, le premier jour, la lumière, ( les contes fleuris de la création du monde ),

 ornent les missels, ou occupent les cadres dorés des musées.

 

…Le geste se prolonge à travers tous les corps      ( Bernard  Noël ),

,       et c’est de l’espèce commune,       oui,          de cerner, attentif à notre fonds commun.

 

Le sang circule donc dans les veines, et l’existence tutoie différences et préjugés,

C’est l’intérieur qui parle, ( le flux sanguin, se trouvant de la même couleur chez tout le monde)

Le geste est originel… Pêchant dans l’inconscient collectif.

Il se traduit en images,  parfois elles nous envahissent, car construites à notre semblance…

La Vierge est à ma portée, portant dans ses bras son fils mort, et affaissé.

Son immobilité et sa blancheur ,           sa dureté de marbre, quelle que soit l’habileté de l’artiste,                    lui ôtent sa chaleur.

Juchée sur son piédestal, et faussement accessible, le monde ne recommence pas avec elle,

au contraire, elle se substitue en mythe, aux mères des pays de famine, où toute mère, hurle à la vie enfuie, et qui s’est, au sens propre, arrachée d’elle.

S’il y a une genèse, il y a aussi celle de la douleur…. Il est des Pièta vivantes, ne prêchant pour aucune religion.

RC – 14 octobre  2013

Pogordski

Parodie de Pièta: ( une  de la série photographique  de G PODGORSKY )


L’esprit ( RC )

peinture: Lyonel Feininger  1936

peinture: Lyonel Feininger 1936

 

 

 

 

Dix huit mètres-cubes de silence,

Tordus sous le poids,

De la raison, des convenances,

Et des lois,

Mais un espace comme bulle d’air

L’ oiseau y vole à son allure,

Est-ce le monde à l’envers,

Où se fond sa nature ?

Dix, ou cent mille ans d’attente *

S’étendent par ici,

Et l’enfer de Dante,

Un temps de pain rassis.

Du marteau à l’enclume,

Gerbes d’étincelles,

L’oiseau lisse ses plumes,

De jeune hirondelle.

La chasse est ouverte,

Les balles sifflent à ses oreilles,

Mais en pure perte;

Déchirent le ciel, et le raye.

Tant d’éclats de fer

Tant de peine et de douleur,

De tristesse et de guerres,

Les discours des dictateurs…

Dans le cube de silence,

N’arrivent pas, injures et cris,

Retombant aussitôt qu’ils s’élancent.

Que peut-on contre un esprit ?

 

* expression venant de Boris Vian «Elle serait là, si lourde« 

« 

RC – 10 octobre 2013


« Dix huit mètres cubes de silence », est un  roman de Geneviève Serreau

 

« 


Pardonnez à ceux qui nous ont offessés ( RC )

image dessin de Manara -
————————                                   image  dessin de Manara         – de   » l’art de la fessée »

                    Après la faute,              le confessionnal,

           Pardonner à ceux qui nous ont offensés,

          Quoi de plus normal,

Oui, mais grâce à la fessée…

 

Et pour répondre au blasphème,

         Et laisser faire les menottes,

                   C’est résoudre le problème,

                                  Que tomber la culotte.

 

                    C’est ainsi que nous, réunis,

              Alignons les fesses neuves,

         Juste avant l’épreuve,

Puisque je suis puni.

 

Où que les doigts frappent,

     Ils agacent         ( plus qu’ils ne massent)

           Il se peut même           qu’ils dérapent,

                                             ( où qu’ils passent )

 

          Ce parcours hasardeux,           de ta main,

                                   …D’un nouvel acte,

          Ne laissent pas intact

L’animal instinct.

 

Un mouvement circulaire,

             Tracé dans l’espace,

         Provoque aussi son courant d’air

      Avant qu’il ne laisse chez moi,         une trace..

 

                        Ce n’est pas un effet de manches,

                        Quand l’impact fait « clac »

         Pas question que je flanche,

Quand tu passes à l’attaque

 

Ainsi me voila forcé,

–    D’admettre    que vive couleur,

                      Accompagne la douleur,

                                De méritée fessée…

 

>                                            Pour ceux qui abhorrent,

        Passer de la couleur saumon,         au vermillon,

                              Sur une partie de leur corps,

Un petit conseil, gardez votre pantalon !

 

 

RC – 5 et 8 septembre 2013