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Avril aura les doigts agiles – ( RC )

 

Tout ce qu’il faut pour façonner,

L’ambre de ta peau frissonnée…,

Si tu te découvres  d’un fil,

Avril aura les doigts agiles…

 

Je ne vois plus ton regard qui brille,

Mais juste tes bas résille,

Qui forment un dessin,

Jusqu’à la pointe de tes seins.

 

Si de l’ombre  tu es prisonnière,

Je vais défaire tes lanières,

Et te donner toute entière,

A la grâce de la lumière ….

 

 

mars 2014  –

 

 

(  variation sur une  photo de TKKim )

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Traduire la douceur – ( RC )

 

 

 

 

photo: Severine C

photo: Severine C

Comment  dire  la douceur , juste au bord de soi,
qu’on enjambe ( comme un grand pont, la rivière).

C’est un rai de lumière, qui traverse la table  du jardin,
c’est la brise agitant les premières feuilles  tombées,

ce sont les petites  rides  autour de ton sourire,
la verticale  d’une chair  pâle échappée d’un secret,

et tes doigts  serrés  sur les miens…,
qui la traduisent mieux  que la chanson des mots .

RC – sept 2015


Panne de photocopieuse – ( RC )

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Voilà ce que c’est,

Tu fais trop confiance à ces choses,

Et un jour elles se refusent,

Bien sûr ,  quand y a plein d’trucs à faire

J’étais avec mes feuilles à la main,

Regardant l’temps qui m’restait,

Alors j’ai essayé d’lui parler,

D’l’amadouer,

Cte fichue phocopieuse,

Lui parler, la palper,

Même  rebranchée, rien n’y fait

Y qu’la s’crétaire qui s’y connaît

Qui sait où mettre les doigts,

Qui tripote les manivelles,

Qui sent sous les aisselles,

Qui tire sur le papier,

Coincé dans les tambours,

…Elle a dû confondre,

M’a coincé sous les tiroirs,

La machine est r’partie,

En gigotant ses néons,

Pendant qu’la s’crétaire

Gigotait tout autant sur moi,

( elle sait faire avec les doigts)

Y avait un lit d’papier froissé,

Et ses lèvres un goût d’poudre d’encre,

Et l’téléphone là-bas

Qu’arrêtait pas d’sonner…

Y avait qu’à mettre la pancarte,

Ne pas déranger !

RC – nov 2015


Chaque chapitre ouvert – ( RC )

peinture:  lectrice - Elisabeth Buschsel

peinture: lectrice –                                Elisabeth Büchsel

 

A marcher sous la pluie,
Et tracer hésitante,
Un chemin, qui contourne
Les buissons et les orties,
Tu laisses au passage,
La trace de tes mots,
Comme                imprimés,
Dans l’argile encore fraîche,
de ma conscience.

Tu vois,    malgré la pluie,
Maintes fois ressassée,
L’argile n’est pas retournée,
Informelle ,     à son indifférence.
Je vais en garder le souvenir,
Modelé,              comme un vase,
De l’ empreinte de tes doigts
J’apprenais à lire,
A goûter la saveur du poème.

C’est un héritage fragile ,
Mais marquant les années.
Ainsi, la marque de ton sillage ,
Ne s’est pas dissoute dans l’absence.
Je n’ai pas besoin
Du fardeau les livres,
Pour apprendre à déchiffrer le monde .
Chaque chapitre ouvert,
Me parle un peu de toi .

 

 

RC – avril  2014


Juste un fil – ( RC )

photographe non identifié

photographe non identifié

Comme des crépuscules

comme en plein jour,

Juste un fil,

Clair dessine un contour,

Je te vois à contre-jour

Et tu éclipses,

Le poids de la lune

Dans le corps mis à la blancheur,

Mais à sa face cachée…

Et les courbes se croisent,

Je ne les vois,

Qu’avec les doigts,

Et la peau tendue en est l’écho,

Jusqu’à la soie brune,

Juste devinée…

Au-dessus, se penchent les arbres,

En dentelle, dans l’indigo,

Le silence, juste parcouru,

Par ton souffle.

RC  –   janvier 2014

en liaison avec le texte  de Lambert Savigneux dans  « le regard d’Orion » 


Maintes mains ( RC)

maintes mains

Peinture – Picasso,

mainpeinture : Henry Mosler.


Dessin : Régine Chiesa

 

 

Si ces extensions en toucher,

au parcours des surfaces tièdes,

des frissons chair de poule,

sont tiens,

qu’ils capturent,

relâchent et agacent,

ce qui fait homme

je veux que les miens dessinent des reliefs,
en courbe contournent,
bondissent au lisse,
s’enfoncent en fronce,
en en plisse, s’unissent.
Sans doute dans leur hâte ,
fébriles, nos doigts tactiles,
donneront place au galbe des paumes,
d’un plus large parcours,
du poids victorieux des membres oublieux,
la géographie ombreuse,
d’ obscurités juteuses..
palpations, palpitations, et délectations…
Nos mains aussi au plus grand hasard
des chemins empruntés se rencontreront.
Et nous serons en addition.
RC    juillet 2011