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Une main sur le mur, puis l’autre, à tâtons – ( RC )

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                                                                     Photo  –  Dorothee Lange  –

Une main sur le mur
et puis l’autre, à tâtons,
je cherche quelque chose
entre les pierres    :
ce sont mes doigts
qui regardent,
et suivent le dessin
d’une faille,          un creux,
une ancienne porte
                          scellée.

Peut-être l’entrée murée,
d’un couloir
qui conduit autre part.
S’il est possible
       de passer à travers
cette muraille,
       de rétrécir
pour se glisser
        dans les fentes,
et gratter,
        avec les ongles,
la poussière incrustée,

Respirer l’air
qui           – depuis des siècles,
    n’a pas connu la lumière –       ,
regarder d’une autre façon,
comme le serait
la vue d’yeux       clos,
dans des pièces
condamnées
          à tout jamais,
comme aussi seraient
ces tombeaux
où pourtant ce qui
a été demeure

Identique         mais figé
>     comme dans la glace,
l’encadrement écaillé
des portes,
le papier peint à motifs,
les crochets
suspendant la trace
pâle d’anciens tableaux
alors
ce serait comme
un espace voisin, d’où
inversement

un jour, quelqu’un
pourrait        avec ses doigts
qui regardent,
suivre le dessin
d’une faille,         un creux,
une ancienne porte
scellée,             et respirer
l’air          du siècle présent,
de la pièce    d’aujourd’hui
restée                 intacte,
identique      mais figée
>        comme dans la glace
.
Et si nos mains
se rencontraient
… à tâtons .


RC – mai 2016

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Un envers de lumière – ( RC )

Installation: Christian Boltanski

Vers quelle fin, cela dessine au sol,

une dentelle d’images, qui danse avec le vent,

et révèle creux et reliefs ….

Audacieuse, elle envahit les arbres, les murs,

en se posant légère, comme un frisson d’encre,

sur tout ce qu’elle touche,    sans pour autant

laisser de trace durable.

Née du jour, qu’elle contredit,       elle se joue des distances,

en mélangeant dans un même creuset,

le net et le flou…

Une prémisse à la nuit, une sorte d’envers du décor,

que sécrète pourtant la lumière,

quand elle rencontre, dans son élancement,,

l’écriture des formes.

Une face cachée des objets, indissociable à eux,

comme attachée à leur présence,

qui peut-être dialoguent de façon continue,

mais , personne ne les entend .

Ils projettent sur les autres leur peau d’ombre,

qui reste pour toujours insaisissable…

RC – avr 2015

(  en réponse  à un texte  de  Michèle  Dujardin   )


Sous la frise, la fraise au goût de groseille – ( RC )

photo: Emilio Sommariva. Nu féminin 1941-1942

Il y a une fraise , qui me regarde,

Qui me prend  dans l’étau
Sirupeux,.    —-  c’est un ciel d’été,
Il y fait toujours chaud,
Même si c’est sombre,
– M’aime  –  si je sombre,
Corps  et biens,
Petit soleil carmin,
Corps en étoile,
Joues  vermeilles,
Prolongent l’arche,
Là où te  te caches,
Monts et merveilles,
Dans une peau de velours,
Et sous la frise,
Fraise au goût de groseille,
A la source, je suis le roi,
Et bois
Tant que  je m’enivre,
De ta bouche  exquise,
Plongé dans l’oubli de moi,
Prêt à mourir heureux
Ayant quitté mes rives,
Sous ton regard en creux.
RC- décembre 2013