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Capture des ombres – ( RC )


Tu tires vers toi les lignes du jour,
tout le temps nettes ,           et elles dansent
singeant la forme des êtres ,   leur contour
mais qui n’ont pas de consistance ,
et          sur lesquelles on n’a pas de prise .

Tu voudrais bien en capturer une, la prendre par surprise
l’immobiliser,          la happer au passage,
mais elle est toujours plus leste,
et s’effarouche         au moindre geste …
peut-être en es-tu simplement l’otage ?.

Une des méthodes pour les voir disparaître ,
est d’attendre l’arrivée du soir,
                          jusqu’à ne plus rien voir :
la nuit recouvre tout de son voile noir,
endeuillant tout,     sans rien omettre .

Les ombres auraient-elles disparu pour autant ?
Ou bien au contraire   débordent-elles ,
pour tout occuper,       en s’étendant ,
profitant de l’éclipse du jour :         une brèche
avant son retour :                              le parapluie

de l’étendue de la nuit ,
à la façon d’une chauve-souris :          ses ailes
sont-elles l’ombre , elle-même ?
Ainsi jouant de l’extinction du soleil,    le stratagème,
identique à celui            d’encre noire de sèche .

RC – mai 2017

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Les nouvelles du sel et du vent – ( RC )

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peinture:         Emil Nolde    effet de lumière  sur la mer  1901

L’horizon est lisse
       Aucune voile ne vient
       Aucun bateau ne glisse
>   Et je me souviens
Que tu t’embarquas, joyeuse
pour ce lointain pays
Où tu serais heureuse
d’après ce que l’on dit -.

Car je n’ai de nouvelles
que celles du sel
          et aussi du vent
qui arrivent,  dorénavant  .
Je guette l’immensité liquide,
tout au long du jour,
mais la mer reste vide ,
–        et l’absence est son contour.

RC – avr 2016


Portrait en coutures d’encres ( RC )

peinture: Gordon Cook: figure sans visage

peinture: Gordon Cook: figure sans visage

 

 

 

 

Trait pour trait, se dessine ton portrait
A la couture d’encre,
Que je parcours à tâtons,
Fin négatif dans l’obscur,
Où je perçois ton contour,
En léger creux

Ton cachet de cire.

Je n’en comprends pas forcément toutes les paroles,
Car il me faut aussi interpréter le silence,
L’espace entre les cailloux déposés,
Sous le flux de la rivière.

Mais à passer les doigts,
Sur les coutures, – et dessous,
J’ai ma petite idée
d’un volume, révélant l’espace,
D’où tu t’es dissimulée,
– l’encre sympathique –

en relation avec le texte  de  Anna Jouy  « secrètes images »

RC  – 6 octobre 2013