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Réminiscences de fleurs d’ailleurs – ( RC )

Badaire  Jean-Gilles   expo Marvejols   fl -  22

peinture Jean-Gilles Badaire – photo perso


C’est une coque vide,
Aux murs carrelés de blanc, jusqu’au plafond.

Les meuglements des animaux,
La vapeur  qui s’échappait  de leur  corps,
Tout à coup arrachés  à l’étable,
Aux pentes  douces, et leur pâture humide…

Leur chaleur, et l’odeur  animale
S’est perdue dans le silence ;
Leur masse suspendue à de solides crochets,
Se comptait en poids de viande.

Le lieu est devenu incongru, et froid.
Même les  aérateurs,
Les conduits immobilisés,
Rouillent  lentement sur place .

Le sol de ciment  bien sec, proprement  nettoyé,
Permet qu’on le traverse, sans qu’on y glisse,
Sur des excréments,
Ou une  flaque  de sang  :

L’abattoir municipal
est devenu un lieu  d’arts.

Des oeuvres sombres
Aux  fleurs  brunes  et violines,
Parfois  aux  accents métalliques,
Font comme de vénéneux  prolongements,

Aux plantes  privées de lumières  ;
Elles s’étalent  sur les  toiles noires,
Engluées de pourpre mat,
Et de vermillon terne.

Comme les animaux  de jadis,
Extraites de leur terre,
Le souffle coupé,

Suspendues à un reste  de couleur .
Ce qui a existé, des réminiscences…

Quelque part , d’ailleurs…

On sait que les  fleurs mortes,
Diffusent encore un peu de parfum .

RC – avril 2015


Les têtes jaunes – ( RC )

peinture : V Van Gogh

–            peinture : V Van Gogh

Toutes ces têtes jaunes,
Qui ensoleillent,
Les collines,
Et se tournent, ensemble,
Couronnées de leur soleil pétales,
Ondulent ensemble,
Et jettent leurs feux ,
De couleur, sur les champs
Sous la houle de la saison  ;


Et si celle-ci s’avance,
Quel que soit le vent,
Les têtes grainées,
Devenues lourdes,
De tant d’heures de chaleur,
Se plient, et regardent le sol,
Et finissent par se rendre,
Ainsi, dans le vase de Van Gogh,
Les tournesols.

RC – 1er décembre 2013

peinture  Van Gogh

peinture :  Van Gogh


Le reflet de tous les dons – ( RC )

  • peinture P Picasso  - portrait de femme 1936

    peinture P          Picasso – portrait de femme           1936

  •  

     

    Il y a incrusté dans la chair,

    Les paroles de la mère

    Emmêlées et secrètes,

    Comprimées dans la tête

     

    Portant les fleurs laineuses,

    Tricotant, soucieuse,

    Les mailles du coeur,

    Construisant de chaleur,

     

    Le cocon d’avenir,

    Et, des échos, le souvenir,

    Sans avoir à l’exprimer,

    — Celui du verbe aimer

     

    A conjuguer son sang,

    A tous les temps ;

    Les temps que le vent emporte,

    Et ouvrent grand les portes,

     

    Au dehors, et au dedans,

    En se penchant un peu, … sur l’avant,

    Si les oiseaux chantaient pour toi,

    Le coeur y serait à l’étroit,

     

    Pour évoquer l’hier,

    Et la mère entière,

    Portant sur l’infini horizon,

    Le reflet de tous les dons.

    RC – 29 octobre 2013