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Lent cheminement dans le jour livide – ( RC )

photo:  Michael Kenna

                                                         photo:             Michael Kenna

 


Suspendu au-dessus du sol,
Et qu’on prend pour boussole
L’astre émerge de la brume du fleuve.
Des haies denses, pour épreuve

Lui, on ne le voit pas,
On le devine,
Et, portant mes pas,
Feutrés de sourdine

Ceux qui s’éloignent,
Sont ces traces en creux,
Qui témoignent,
Deux à deux,

Du lent cheminement,
Dans le jour livide,
Une marche en avant,
Prenant la lumière pour guide.

Il faut que je pousuive,
Ce mouvement, suspendu,
A de futures perspectives,
Mais l’horizon s’est perdu…

Et comme tous les repères,
Evaporés en route,
Enfouis, sous la terre,
( sous le manteau de neige, sa croûte ).

Font, qu’ils disparaissent ….
Je ne sais si je progresse,
Dans cette région curieusement déserte
Etendue et ouverte.

La marche serait ainsi, fictive
Malgré mes mouvements
Issue d’une lente dérive,
Où seul , se déplacerait le temps,

J’ai découvert des traces,
Presque gommées par le vent,
Avant que tout s’efface…
Les regarder attentivement…

Je reconnais mes empreintes,
Déjà comblées de neige .
– Leur vue me désappointe…
Tournant comme dans un manège…

A faire du sur-place,
Je reproduis un cercle dessiné,
Celui de l’astre qui cadenasse,
L’air de rien, ma destinée…

Au cheminement hivernal,
Dans le jour livide,
Je vais prendre une diagonale,
Quitte à enjamber le vide…

Ce monde reclus,
Il faut que je le quitte
De ce jour qui n’en finit plus,
Je veux en sentir les limites.

Quitte à plonger dans le noir,
Pour quitter l’enfermement,
D’un morne territoire,
Uniformément blanc.

RC – février 2014


Je peine à fermer le cercle de la nuit – ( RC )

Peinture perso:   tri-color  ( (huile sur carton )

                                 Peinture perso:                     tri-color ( (huile sur carton )

 

Je peine à fermer le cercle,
Celui de la nuit.

Traversé par les éclairs,
C’est dire l’insomnie,
Et les rêves qui parcourent,
Les heures déchirées,
Alors que les animaux,
Confiants,     viennent au plus près,
Me humer,      moi,
>          L’être saugrenu,
Débarqué ce soir,
A la belle étoile,
Comme tombé des astres…

Ma bouche ne dit plus rien,
Emmêlée du sommeil de la lumière,
Attendant que se lève,
( Et c’est toujours un « peut-être »,
…..La frange des cheveux,
Du jour ),
Qui se fait attendre,                   et c’est
Comme progresser vers un inconnu,
Un futur dont je ne sais rien
Mais                        vers lequel je vais
Porté à mon tour …

RC – 4 décembre 2013

En écho à la « Berceuse pour l’insomnie » de Jerzy Ficowski


Aigle d’Atlas – ( RC )

 

photo Mike Heller

 

 

Oiseau au-dessus de l’Atlas,

Vois sa découpe…  Elle se prélasse

Et franchit sans ponts, ni viaducs, les vallées,

Puis se précipite dans les creux  – avalée…

Les pentes se bousculent en étendues brunes,

A cette distance, on dirait que se succèdent des dunes…

Avec peine, progresse le fil d’argent d’une rivière

Au milieu de terres altières….

Elles retiennent leur souffle,    agacées,

Et concèdent à regret un peu d’eau, lâchée,

Courant dans le pays, marqué ,

Comme  du papier froissé,

Cette eau précieuse, dont le soleil crée sa perte,

Miroite par endroit de  petites zones vertes…

 

—- Sois cet oiseau aux ailes de vent,

Appuyé sur l’air,  en s’élevant

A distance de son ombre,

Suivi par la lumière, avant qu’elle ne sombre,

Et passe derrière le couvercle,

Obstacle au jour perdu dans un cercle…

Il porte ailleurs sa cible,

Bien au-delà du visible,

Se confondent alors les blés et les seigles,

Saut à l’oeil aiguisé de l’aigle,

Et ses ailes ouvertes  tout grand,

En larges volutes  s’enivrant,

De larges espaces parcourus,

A nos propres sensations     celles de l’inconnu.

Bordant les infinis du désert,

Et l’Atlas, support de la terre…

RC – 22 et 31 octobre 2013