Textes poétiques et d'actualité -nulle part ailleurs !

Articles tagués “bras

L’imagination complète, tout ce qu’on ne voit pas – ( RC )

photo: John Tucker

En navigant à vue,
Je  devine   –       et c’est pénombre … –
Des traits                   qui se forment,
Des volumes posés dans des drapés

Et les lignes des persiennes,
S’étalant  sur le sol,      le fauteuil,
Courbées par son torse,     ses bras.

Puis l’image change,
Et son corps se déplace,
Jusqu’à se perdre    quelque part,
Au-delà du cadre …

Ce sont des images  fugitives,
Où         l’imagination complète,
Tout ce qu’on ne voit pas  .

On plonge dans l’énigme
Incertaine ,       de formes floues,
Le regard ne sait pas où se poser.

Il vient,        hésite,           et repart  ,
Mais toujours contenu,
par l’espace limité,
–                 du trou de la serrure.

RC – sept  2014

Publicités

Dans les bras de Morphée – ( RC )

 

Sculpture muse endormie (- Susan McMahon )

 

 

 

Il n’est pas encore l’heure du baiser sonore,
Le jour est debout        et nous nous occupons
A tondre le gazon,      contourner les buissons,
C’est que personne encore, ou presque,  ne dort.

Nous portons       des habits pudiques,
Des robes et des costumes,
Vestons et        chapeaux de plumes,
Comme autrefois,  tuniques.

Chacun vaque à ses occupations,
S’affaire dans son bureau…
Il n’est jamais trop tôt,
Pour faire      ses commissions.

Qu’y a-t-il                derrière la porte du ciel ?
Quand les ouvriers d’en haut se rencontrent ,
Pour régler le monde,   et sa grande montre,
Et pousser tout le monde vers le sommeil…?

Je ne saurais vous dire,
Car ma vie connaît une trêve,
Je m’occupe alors            de mes rêves,
Ceux des autres,         je ne peux les lire.

Ils flottent         comme des bulles,
Et je m’accroche à elles,
Je suis alors             pourvu d’ailes,
Il y a tant d’oiseaux qui me croisent et me bousculent…

J’ai changé de tenue,
Et,                  comme c’est la coutume,
Laissé sur les cintres,        le costume.
Quand il fait chaud,      je suis tout nu.

Mais personne ne le remarque,
Chacun a           autre chose à faire,
A décoller de la terre,
Et de l’Eden,       à visiter son parc.

Il y a plein de choses qui nous traversent,
Les voyages que l’on fait, sans quitter le lit,
La plupart du temps,                     je les oublie,
Tout autant qu’ils me bercent.

Des parcours acrobatiques,
Où tous les possibles, et leurs contraires,
Côtoient, sans en faire mystère,
Les fantasmes érotiques.

Mais comment s’en souvenir,
Quand le matin les chasse,
Et que la plupart         trépassent
Si je m’efforce      de les décrire ?

Plutôt que d’en faire un livre,
Que le lendemain efface,
Il faut que je les suive         à la trace,
–                        Et surtout les vivre.

Le regard    toujours étonné,
Loin          en deçà de l’existence,
Enfin,        celle de la conscience,
Ce que l’on appelle s’abandonner.

Dans les bras de Morphée.

 

RC – avril 2014

 


Demande à la nuit – ( RC )

-Demande à la nuit, ce que tu voudras,

Elle cache dans ses bras longs,

Jusqu’à l’aurore

Le langage des couleurs,

Qui s’éteignent, fatiguées du jour,

De la chaleur et du bruit,

En cherchant un peu de fraîcheur,

Dans la face cachée de la planète.

Demande à la nuit, ce qu’il te plaira,

Le ciel nocturne, au-dessus des nuages,

Ne cache rien, de la pluie de lumières,

Qui scintillent dans le noir,

Et envoient des messages,

Que le jour ne peut voir,

Tournant le dos aux astres,

Et aux galaxies.

Demande à la nuit ses secrets ;

Elle garde le silence,

Sur sa naissance,

Et celle des planètes.

Les étoiles s’y tutoient,

A coups d’années lumière,

Elles, qui chuchotent,

A travers l’infini.

Demande à la nuit, où va le monde,

Dans sa course folle,

Il semble              immobile,

Sur son orbite,

Accrochée à son astre

Une poussière du temps.

>   Si le soleil s’éteignait,           il se nourrirait,

Justement,                                     de cette nuit.

 

RC – 11 octobre 2013

(une réponse à Marianghjula Antonetti-Orsoni ( nuit obscure)


Soumis à métamorphose – (RC )

Art: Scupture de C Brancusi : colonne sans fin

Art:          Sculpture de C Brancusi :                colonne sans fin               ( et l’oiseau)

Nuit, tu m’as portée dans tes mains,

Et provoqué ma faim.

Bercé du sourire vertical,

Allant chercher les  étoiles,

Ou leur reflet au fond du puits,

Aussi loin ….   je te suis.

Sous des pressions  d’atmosphères,

Nous sommes secoués d’éclairs,

–  A parcourir ces feux,

La nuit,  le regard en creux,

Construit son festin,

D’une colonne sans fin.

Un pont jeté dans l’existence,

S’ effacent les distances,…

M’entourant de ses bras,

La nuit a étendu ses draps.

Une faille dans le temps,

Qui me laisse en suspens…

( Une parenthèse, une trève,

M’aspirant dans tes rêves) ,

Nuit de coton,

Chrysalide dans son cocon,

Vois, comme je repose,

Soumis à métamorphose.

 

 

RC- 16 octobre 2013

 

 

peinture: Egon Schiele

peinture: Egon Schiele-        couple             1913