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La larme de tes yeux enneigés – ( RC )

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Cette larme quitte tes yeux enneigés,

D’un léger vent,             balayée,

Egarée au creux de l’oreiller,

…. Et l’air qui veille,                 si léger.

 

Qu’il pourrait au fond,

Tout dissimuler,   cacher … faire semblant

Broyer , comme   d’autres, font au   noir ;     du blanc,

Sous la multitude  des flocons

 

Le temps long,        chavire, sur ce qui s’étire,

Et les pleurs compressent ton espace,

( Une neige avant de fondre,       muée en glace  ) .

La perle blanche alors,   partie s’évanouir –

 

Au milieu des cristaux,

Quitte son poids de plume,

Et se jette dans l’écume,

  •        De ton propre ruisseau.

 

 

RC-  avril 2014

 

 

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Passer à travers la muraille – ( RC )

photo Glbert Garcin: la continuité

photo Gilbert Garcin: la continuité

 

Si c’est un jour  où, là-devant,
S’étend un  grand mur blanc,
Qui fige tout devenir,
Et celui du sourire,
Toi, toute lasse  et de glace,
Donne-moi la main, …que l’on passe,
Tous deux à travers la muraille !
Nous  trouverons bien la faille,
En dessinant sur le mur,
Une  fenêtre  sur  le futur,
Dont le contour,
Aura la forme  de l’amour.
On y verrait un pont,
Permettant de mieux  sauter,
De l’autre  côté,
Quand la glace fond
Et que le coeur  s’élance:
Le mur s’est le premier  lassé,
Et s’est soudain  effacé,
Quand tu t’extrais, de ton silence.

 

RC – juin 2015

 

ceci est une variation « réponse », sur une publication de Alice Gauguin.

J’ai pensé  aussi  au livret de la « Bohême » de Puccini  ( que cette main est froide… laissez-moi la  réchauffer )…


La pièce blanche – ( RC )

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C’est une pièce blanche ,
Dont je n’ai pas la clef.
Le lit chromé aux bords arrondis,
Le sol aux carreaux blancs,    aussi .

Je ne sais ce qu’on attend de moi.
Rien ne sort d’ici,
Même pas la vue,
Compressée           par de hauts murs .

Les fenêtres qu’on ne peut pas atteindre,
Trop hautes et closes d’opaque,
Fermées aussi sur la mémoire,
Sous des néons blafards .

Les jambes lourdes et fatiguées,
De cent pas                dans l’immobilité,
J’ai laissé des souvenirs se dissoudre,
Dans un placard à pharmacie .

Je pourrais compter,
Pour déjouer         un sommeil vain,
Comme on compte les moutons,
Les voitures qui circulent.

Attachées dans leur mouvement,
Au goudron d’une avenue proche,
Engluées         comme des oiseaux,
Dans la marée noire de leur nuit.

Je ne peux secouer la mienne,
Pour retrouver mon enveloppe,
Et réapprendre mon nom,

 Qu’avec des barreaux blancs.

RC – sept 2014

photo  transformation perso

photo transformation perso


Nuit de pluie, pluie de joie – ( RC )

peinture: Jorge Castillo

peinture: Jorge Castillo

Pluie de joie,

Rêves au dessus de la brume,

Collines qu’un soir allume,

Lisière des bois

 –

En bordure d’océans,

Matin blotti dans les voiles,

A la belle étoile,

Pluie de rêve blanc

 

RC-  sept  2013


Tout s’efface dans le blanc – ( RC )

nuage cone sur cone enneigé Jap cloud exped Helene.

 

 

 

 

Le blanc, est quelque part,       une  absence
Et si dans  ses possibles ,     je me lance…

Je sors de ma coquille, et, le pourrais-je
En  ne salissant pas         sa neige,

Le pied le plus discret la blesse,
Même celui , léger,        d’un déesse,

Une trace, une simple éraflure,
Dessine sa signature.

Elle fait vibrer la page blanche,
Quand l’écriture se penche  .

Les mots s’y impriment         et s’attachent,
Mettent du sens   – plutôt qu’ils ne gâchent.

On pourrait dire  que le blanc  n’est plus,
Qu’il disparaît dans de pauvres  résidus

Et qu’aussi,          il s’enfuit,
Il s’agace  aussi, de trop de bruit.

Mais         il suffit  d’un autre dimanche,
Pour que le blanc tienne  sa revanche  .

Il utilise les voies aériennes,
Pour  que la blancheur  revienne

Que  des flocons  s’amassent,
Partout où la plume s’enlace,

Les pensées recouvertes,        se cachent.
Au coeur même du blanc – plus de taches.

Tout est tu,             tout  s’efface,
Qu’y a-t-il, à la place ?

Quand  plus  rien n’émerge,
Du paysage  , retourné à l’état vierge.

Te souviens-tu  d’avant,
Avant que ne souffle le vent ?

Que la neige     ne se couche,
Et recouvre aussi ta bouche

–         Sur la vallée immense,
Règne maintenant le silence…

Ai-je  écrit en vain,
Espérant d’autres lendemains ?

Ceux qui , laissés-pour-compte,
Attendent, des glaces,  la fonte.

La neige  est un vaste manteau,
Qui  garde  pourtant au chaud,

Sous son blanc velours,
Toutes mes lettres  d’amour.


Une terre gelée au sang des veines rompues – ( RC )

 

Une terre froide, souvent couverte de blanc,

Noire,           dessous.

Des femmes et des hommes emmitouflés,

Les habits sombres.

 

Forêts denses de pins serrés,     convoquant l’obscurité,

Les traits légers des bouleaux,                         bardés de blanc,

En contrastes accentués,                                 dessinent un arc,

Autour de la ville morte.

 

Elle a été.

Et de ses murs éclatés,            tombés sous les bombes,

Aux noires traces                                   de l’incendie,

La neige a tout recouvert.

 

On n’y distingue plus ,   avec ces monticules,

Défaisant son visage,

–                         Plongé dans le sol.

Une terre grasse,  mais gelée au sang des veines          rompues .

 

S’est ensevelie peut-être aussi       la mémoire,

Les fenêtres du jour couchées dans la brume,

Et celle des enfants morts…

Leurs chemins se dérobent en une incantation….

–    Ils n’auront        plus jamais de souvenirs.

 

Aux heures anciennes ,            demain sera encore hier.

Comment oublier ce qui n’a pas eu lieu ?

 

– RC- février 2014

( ce texte prend  pour base,  celui de Dominique Boudou, visible sur son site ) –


Champ du blanc – ( RC )

 

 

 

photo:       Cristina García Rodero

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Egaré dans un champ vertical,
Tendu sur un fil,
Découpé en une forme,
Accrochée aux plis humides …

Le soleil se déplace et m’éblouit,
… Je serai bientôt bu par le blanc ,
Effacé aux yeux de tous,

Déjà ondulant,    et poussé par le vent,
Jusqu’à sortir de la toile,
Et perdant ainsi mon ombre.

RC – avril 2014


Lent cheminement dans le jour livide – ( RC )

photo:  Michael Kenna

                                                         photo:             Michael Kenna

 


Suspendu au-dessus du sol,
Et qu’on prend pour boussole
L’astre émerge de la brume du fleuve.
Des haies denses, pour épreuve

Lui, on ne le voit pas,
On le devine,
Et, portant mes pas,
Feutrés de sourdine

Ceux qui s’éloignent,
Sont ces traces en creux,
Qui témoignent,
Deux à deux,

Du lent cheminement,
Dans le jour livide,
Une marche en avant,
Prenant la lumière pour guide.

Il faut que je pousuive,
Ce mouvement, suspendu,
A de futures perspectives,
Mais l’horizon s’est perdu…

Et comme tous les repères,
Evaporés en route,
Enfouis, sous la terre,
( sous le manteau de neige, sa croûte ).

Font, qu’ils disparaissent ….
Je ne sais si je progresse,
Dans cette région curieusement déserte
Etendue et ouverte.

La marche serait ainsi, fictive
Malgré mes mouvements
Issue d’une lente dérive,
Où seul , se déplacerait le temps,

J’ai découvert des traces,
Presque gommées par le vent,
Avant que tout s’efface…
Les regarder attentivement…

Je reconnais mes empreintes,
Déjà comblées de neige .
– Leur vue me désappointe…
Tournant comme dans un manège…

A faire du sur-place,
Je reproduis un cercle dessiné,
Celui de l’astre qui cadenasse,
L’air de rien, ma destinée…

Au cheminement hivernal,
Dans le jour livide,
Je vais prendre une diagonale,
Quitte à enjamber le vide…

Ce monde reclus,
Il faut que je le quitte
De ce jour qui n’en finit plus,
Je veux en sentir les limites.

Quitte à plonger dans le noir,
Pour quitter l’enfermement,
D’un morne territoire,
Uniformément blanc.

RC – février 2014


Grande couverture blanche – ( RC )

peinture: Claude Monet                        peinture:            Claude Monet

Arrivée en silence
Au milieu de la nuit,
La grande couverture blanche,
Absorbe tous les bruits.

Douce et moelleuse,
De tendresse,    comme s’ enlace,
Habille,                 en amoureuse,
Tout ce qui dépasse

Elle recouvre les noeuds les plus obscurs,
Les plis de la terre
Les carcasses de voitures,
Ainsi, les cimetières.

Coeur de la nuit phosphore,
Arbres verticaux d’immobilité,
Accrochés au bord,
Pointés dans l’obscurité,

Leur crinière de branches,
Bardée de neige,      qu’on distingue à peine
Sous la nocturne étendue blanche,
Flocons-papillons,  de multitude incertaine,

Se pressent                 dans leur chute lente,
Gommant toutes les limites,
Lointains        et attentes,
Déversés,          en silencieux rite…

Par centaines de milliers,
De cornes d’abondance ……
Modelé ,               le paysage familier,
Redessiné             en confidences.

Monts et montagnes dévalent,
Et , oublient leurs failles
Que la grande couverture avale,
En négligeant les détails.

Des haillons     et des fringues,
Des hêtres,     des pins et ormes,
Bientôt plus rien ne se distingue,
Sous             le nouvel uniforme.

Les pauvres      et les riches,
Recouverts du même manteau,
Les vignobles et les friches,
Voyagent incognito,

Lorsque         le blanc s’invite,
Et gomme les différences….
En métamorphose gratuite,

Quand l’hiver s’avance.


RC- février 2014