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Une mer vide d’éternité – ( RC )

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Assis au bord  du temps,
Il y a devant moi ,
Une mer  d’ éternité ,
Et la mer est vide,
Aucun voilier ne vient ,
Jamais,
En déchirer l’horizontale.

Elle se perpétue ,
Comme le serait la souffrance ,
Vague après vague :
Elle  vient, dans un ressac
Toujours renouvelé ,
Brasser les sables ,
Et le quotidien de l’absence …

Les saisons sont un cycle,
Qui se répète,
Sans aucun printemps ,
Ni mouvement .
Le manque s’installe à demeure .
Un soleil s’est voilé,
Au passage des heures ;

Je connais la surface plate,
D’une mer plongée dans la brume ;
L’amour est parti trop loin,
Pour être encore mien .
Je n’en ai que le souvenir ,
Clos et étanche .

Je l’emporterai avant de mourir  .


RC- nov  2014

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Où es-tu ? – ( RC )

Falkenstein Claire  Gate  pour  le palais Venier 1963 Boston mus .JPG

Art: Falkenstein Claire  Gate  pour  le palais Venier 1963

Tu vois,   j’ai poursuivi un amour
comme  l’aurait fait un pêcheur,
à travers      les eaux  du silence .
Je n’avais pas de filet,
juste mes mains  nues,
et un corps qui dérive
au fil du courant.

Et c’est une  évanescence,
un éclat argenté,
la fulgurance  d’un instant
qui m’a approché.
Mais, comme on ne saisit pas les couleurs,
toi,      la femme-poisson
a filé d’entre mes doigts.

C’est un songe d’ eaux profondes ,
Une  sirène y habite,
le chant d’un printemps,
s’y est éternisé,
mais j’avais besoin de terre ferme ;
j’ai dû y retourner,
et quitter le rivage.

Les vagues lointaines
se poursuivent,
en étendues changeantes,
des glaces jusqu’aux tropiques;
Leur immensité
forme une  énigme ,
qu’interroge surtout la solitude .

RC – avr 2016


Henri Chabrière – l’azur du papillon

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Un papillon me chuchota
de venir avec moi jusqu’à la rivière
Les azurs sont bleus par ici
chanta la belle musique du passereau.

Le papillon m’ a suivi
jusqu’au bord du ruisseau
butinant maintenant des lys,
que je rassemble alors dans un élan

et en très peu de temps
j’obtins un magnifique bouquet
tandis qu’un rossignol lançait des trilles
harmonieux sur sa branche

Mon amie rosissant des joues
acceptant mes azurs
de ces yeux bleus si étranges
l’amour , lui-même, a hoché sa tête .

 

 

 

J’ai  retrouvé  dans les  archives  de mon père,

ce texte écrit originellement  en espéranto,

dont  je livre ici mon interprétation.


Emportée, ma dame blanche – ( RC )

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Il ne pleut pas le soir,
 (  Celui qui rime avec espoir… )
— Ce ciel n’est pas  étanche,

Et sombre,       en vagues blanches…
La bien-aimée voguant dans les  draps,
Blancs,         comme le sont mes bras….

Le jardin d’amour  m’attend,
Et ,         tout au fond,   le banc,
Où nous nous reposions,

Maintenant ,    sous l’épais coton.
Quand, sous la neige, tout  s’efface,
Et que le vent , lentement, l’amasse.

Je t’ai portée ainsi, contre ma poitrine,
En robe  diamantine
Parée de frissons…

…           Tombent les flocons .
Il ne peuvent  traduire,
Dans ce poème,     ton sourire.

Qui lentement,          s’éteint
Alors que je  t’étreins
Juste aux portes   du vertige .

Puis,       quand il se fige ,
Je sais  que  tu vas t’enfuir
Dans  des souvenirs

…     qui n’ont pas de  fin,
Le long des matins   ,
Où tu ne sentiras plus le froid…

Il est un sentier  étroit,
Qui mène        au pied du grand arbre  …
La neige a recouvert aussi la dalle de marbre.


RC  – nov  2014


Passer à travers la muraille – ( RC )

photo Glbert Garcin: la continuité

photo Gilbert Garcin: la continuité

 

Si c’est un jour  où, là-devant,
S’étend un  grand mur blanc,
Qui fige tout devenir,
Et celui du sourire,
Toi, toute lasse  et de glace,
Donne-moi la main, …que l’on passe,
Tous deux à travers la muraille !
Nous  trouverons bien la faille,
En dessinant sur le mur,
Une  fenêtre  sur  le futur,
Dont le contour,
Aura la forme  de l’amour.
On y verrait un pont,
Permettant de mieux  sauter,
De l’autre  côté,
Quand la glace fond
Et que le coeur  s’élance:
Le mur s’est le premier  lassé,
Et s’est soudain  effacé,
Quand tu t’extrais, de ton silence.

 

RC – juin 2015

 

ceci est une variation « réponse », sur une publication de Alice Gauguin.

J’ai pensé  aussi  au livret de la « Bohême » de Puccini  ( que cette main est froide… laissez-moi la  réchauffer )…


Le grand sac noir – ( RC )


En compagnie de vieilles publicités,
C’est au panier que finissent toujours,
Les plus belles lettres  d’amour,
Quand la passion les a quittés.

En désertant la maison commune,
Tu as vidé tes  tiroirs,
Mis dans un grand sac noir,
Ces objets  dont la présence importune.

Dans ce sac oublié dans un coin,
Il y avait dedans, – plein à ras bord,
Les courriers que je t’envoyais alors.

Peut-être m’as-tu laissé le soin ,
De vider par moi-même,
Ce qui restait du passé, et des je t’aime…

RC – août 2015


L’antre, l’exil, et puis, ne former qu’un seul voeu – ( RC )

 

photographe non identifié

L’antre, l’exil, et puis, ne former qu’un seul voeu .

On lance en l’air une pièce,

Et la mémoire s’abaisse

Convertissant le destin en un jeu …

Jouer de sa vie le détour ,

Ouvrir grand ses yeux dans la nuit,

Distinguer le plomb , des soieries,

Et savoir reconnaître l’amour …

Découpé de ciels d’hivers,

Et de longues semaines d’absence ,

D’un parfum diffus, s’extrait l’essence ,

Ma vie était une pierre,

Lourde à porter,

J’ai maintenant une idée de l’été.

 

RC  – nov   2014


Se cogner dans le soleil – ( RC )

photo : Li Hui

photo : Li Hui

Si tu te cognes  ,
A ton réveil,
Sur coin de soleil,
Si celui-ci t’éborgne

Il te reste  un creux ,
Laissé dans  l’ombre,
Celui des yeux ,
Dans lequel je sombre  ;

Une bouche ouverte,
A la parole  brève,
Qui mène à sa perte,
Le matin, et ses lèvres.

… Profite du baiser
De la lumière  :
–  Il va falloir oser,
L’affronter,  et se taire.

Il n’est pas  besoin de paroles,
Pour embrasser le jour  …
Les  doigts autour des aréoles,
A faire  danser l’amour.

RC


Tout s’efface dans le blanc – ( RC )

nuage cone sur cone enneigé Jap cloud exped Helene.

 

 

 

 

Le blanc, est quelque part,       une  absence
Et si dans  ses possibles ,     je me lance…

Je sors de ma coquille, et, le pourrais-je
En  ne salissant pas         sa neige,

Le pied le plus discret la blesse,
Même celui , léger,        d’un déesse,

Une trace, une simple éraflure,
Dessine sa signature.

Elle fait vibrer la page blanche,
Quand l’écriture se penche  .

Les mots s’y impriment         et s’attachent,
Mettent du sens   – plutôt qu’ils ne gâchent.

On pourrait dire  que le blanc  n’est plus,
Qu’il disparaît dans de pauvres  résidus

Et qu’aussi,          il s’enfuit,
Il s’agace  aussi, de trop de bruit.

Mais         il suffit  d’un autre dimanche,
Pour que le blanc tienne  sa revanche  .

Il utilise les voies aériennes,
Pour  que la blancheur  revienne

Que  des flocons  s’amassent,
Partout où la plume s’enlace,

Les pensées recouvertes,        se cachent.
Au coeur même du blanc – plus de taches.

Tout est tu,             tout  s’efface,
Qu’y a-t-il, à la place ?

Quand  plus  rien n’émerge,
Du paysage  , retourné à l’état vierge.

Te souviens-tu  d’avant,
Avant que ne souffle le vent ?

Que la neige     ne se couche,
Et recouvre aussi ta bouche

–         Sur la vallée immense,
Règne maintenant le silence…

Ai-je  écrit en vain,
Espérant d’autres lendemains ?

Ceux qui , laissés-pour-compte,
Attendent, des glaces,  la fonte.

La neige  est un vaste manteau,
Qui  garde  pourtant au chaud,

Sous son blanc velours,
Toutes mes lettres  d’amour.


Sous les fruits d’un printemps amoureux – ( RC )

photo  Hélèna  (  St Petersburg)

photo Hélèna ( St Petersburg)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Sous les fruits d’un printemps amoureux.
Vois comme les branches ploient,
Et comme la vigne vierge luit,
Sous les graines de pluie.

Viens suivre la lune argentée,
Elle attire les marées, et répand son sel,
Brillante traînée  d’étincelles,
A la surface des eaux…

Bercés d’infinis , la tiède candeur
Des jours d’étés, nous entraîne,
Dans les jeux de la passion,
Où l’âme et la chair se confondent.

Nous avons oublié ,
La nappe improvisée et les gobelets renversés,
Pour emprunter une comète,
A peine dissimulés dans l’herbe haute.

Viens, mon amour,
Nous ferons d’autres voyages,
Sous toutes saisons,
Nous oublierons la terre.

….Pour contempler dans nos yeux les étoiles.

RC –  août  2014