Textes poétiques et d'actualité -nulle part ailleurs !

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Invisible dans la cachette – ( RC)

art- Giuseppe Penone - Souffle 6 - 1978..  empreinte de corps dans la terre  (terre cuite), centre Georges Pompidou Paris

art- Giuseppe Penone – Souffle 6 – 1978..        empreinte de corps dans la terre        (terre cuite), centre Georges Pompidou Paris

Quand s’ouvre doucement sous nous,

La trappe du temps,

On s’y glisse, au début,

Comme dans une cachette,

Et, fort de ma trouvaille,

Invisible aux yeux de ceux

Qui nous recherchent,

Comme dans une grotte,

Qui collerait à la peau,

Ce jeu, à m’effacer,

Mais tout entendre et regarder

Sans être aperçu…

Le jouer du cache-cache, total

Et être invisible,

Même à moi-même

A quitter mes douze ans,

>   Ou plutôt qu’ils me quittent,

Pendant que se soudent les années,

  • Une porte invisible aussi, – s’est close.

Et l’ingénieuse cachette,

Restée invisible,             pour de vrai,

N’avait même pas,   l’indice d’un ongle,

Des objets que je portais     ce jour là,

Ou mes os blanchis         en petit tas…

Une cache ,                       si bien close,

.               Que je porte en moi.

RC – 2 octobre 2013

( cet article a pour origine, le beau texte  d’Astrid Waliszek » cache-cache »)

sculpture-volume: Giuseppe Penone  - visage moulé  ( détail du "souffle" 1978- voir photo précédente

sculpture-volume:       Giuseppe Penone –       visage moulé ( détail du « souffle » 1978- voir photo précédente

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Figure des Cyclades ( RC )

art cycladique: British Museum  London

art cycladique:         British Museum                 London

 

La muse des mystères,

N’a pas de visage,

Ou alors,        seulement indiquée,

 

L’arête du nez,

Dépassant du lisse,

mais juste la substance des choses,

 

>             L’essentiel est dit ,

L’expression ne s’accroche

Ni aux lèvres absentes, ni au regard…

 

idole cycladique – Met – Art Mus ( NYC)

Nous laissons le nôtre,

Parcourir l’espace,

 

La pierre debout,

A la stature humaine,

 

Et cette énigme,

Blanche et dure,

 

La courbe même, en tension ,

Fuit,           dans l’harmonie,

 

Les récits parasites,

Venant perturber l’aube de la nuit.

 

La nuit des temps, – dit-on,

Pourtant, ne se fond pas dans l’obscur,

 

Si simplicité fait aussi l’épure,

Polie des mémoires de chair,

Des peuples cycladiques,

Nous sommes, en présence,

De l’infini.

RC – 19 septembre  2013

– en relation avec l’article de Michèle  Dujardin  » Cyclades »


Regard Visage Parole

Article re-bloggé  de  détours  du monde…,

excellent  site en lien souvent  avec les arts premiers

Mexique260«…le visage humain n’a pas encore trouvé sa face et… c’est au peintre de la lui donner. Mais ce qui veut dire que la face humaine, telle qu’elle est, se cherche encore avec deux yeux, un nez, une bouche et les deux cavités auriculaires qui répondent aux trous des orbites comme les quatre ouvertures du caveau de la prochaine mort.»
(in Artaud A., 1947, Le visage humain, Ed. Locus Solus).Comment apparaît l’humain ?
Francis Bacon à la Tate.Bacon400

Photo 1 : Masque pendentif, Mexique, Culture Mezcala, 300-100 av. J.C, Collection Barbier-Mueller, © Studio Ferrazzini-Bouchet.
Photo 2 : Study for Portrait II (after the Life Mask of William Blake), 1955, © Estate of Francis Bacon, page Tate on line.


L’art africain au Nigéria: les Yoruba

 

 

Sur les Yoruba (  ethnie  du Nigeria  et Bénin)..  vous  trouverez  de la documentation approfondie, chez “regard éloigné” ,  dont j’extrais ici, ce qui touche  au côté artistique…  et que j’illustre  de deux  croquis  que j’ai faits  récemment en regardant des masques  de ce pays,  de la fondation Pierre Guerre  à Marseille                 (  visibles au musée de la Vieille Charité)

dessin perso: masque Yoruba aux béliers. Encre de chine « graphique » avril 2012

La partie en bois du masque doit répondre à des critères formels et esthétiques, à la fois précis et variés. Placé sur la tête, siège de la sagesse de l’homme, il incarne l’esprit de l’ancêtre fondateur de la société. Ses pouvoirs sont renforcés par la personnalité du porteur et la qualité de sa famille, même si, en principe, les spectateurs ne connais­sent pas l’identité de l’homme sous le masque. Celui-ci doit danser à la perfection, car, à travers lui, c’est tout le prestige de la société qui est enjeu. Il doit également être aussi solide physiquement que moralement.

 

dessin perso masque Yoruba au « tambour »… 2001

 

 

Les traits du masque gèlèdè sont soulignés par des sca­rifications sur les joues et le front, caractéristiques de la civi­lisation yoruba ou nago, qui en compte des dizaines de variétés. Si l’aire culturelle yoruba a développé la culture du masque à scarifications, ces marqueurs culturels et identi­taires ne figurent pas sur tous les masques. Le Gèlèdè est le seul des deux classes de masques à en por­ter.. Les marques les plus courantes sur les masques gèlèdè sont le kpélé et surtout l’abaja. Le premier est constitué par trois traits verticaux sur chaque joue. Le second présente trois traits horizontaux, assez longs, sur chaque joue et trois autres, verticaux et plus courts, sur le front. Il faut noter qu’un grand soin est toujours apporté à leur parfaite et harmonieuse exécution. Les scarifications visibles sur les masques gèlèdè ou les figurines garnissant certaines tenues égun n’ont pas plus de signification que celles qui marquent les visages des hommes. Elles sont essentiellement un élément d’identi­fication et un critère de beauté pour les hommes et les femmes yoruba.

dessin perso – avril 2012 Masque Yoruba Bénin ( l’identique à celui qui a inspiré mon dessin en 2001), Fondation P Guerre. Marseille

Beaucoup d’interdits et de tabous entourent les masques. Ils sont plus nombreux et entraînent des sanctions plus sévères chez les Égun que chez les Gèlèdè. Ceci s’explique par le fait que les Égun constituent des sociétés secrètes. Toutefois, la loi du silence est fondamentale pour les deux organisations.

Si aucun mystère n’entoure l’identité du « porteur du bois », comme on appelle souvent l’homme qui revêt un masque gèlèdè, nul ne doit cependant l’interpeller ou l’ap­peler par son nom pendant sa « sortie ». Lui-même devra s’abstenir avant, pendant et après la danse, de mentionner, dénoncer ou critiquer les sorcières Il lui est également interdit, au cours de la danse, de faire tomber son masque ou de découvrir son visage, même si tout le monde connaît son identité.

Chaque  région du Nigéria possédant ses propres  coutumes, croyances,  ce pays  est riche  d’expressions  artistiques  diverses – dont les  Yoruba  sont  – un “exemple”.

 

Au niveau  artistique,  cet article  sur les masques  indique  plus précisément  le lien avec l’art de Picasso

 

A  noter  que le musée  des civilisations  africaines, à Lyon, possède  aussi de belles  “pièces”  Yoruba

tabouret Yoruba, au musée de Lyon


L’art africain au Burkina-Faso – les lobi

-En me  référant à l’article de  » Jean Pierre Caillon   – french Doctor », pour  le  côté  historique, – ( voir plus bas )je voulais  compléter  par  le côtéartistique, car leur production se différencie  de celles  des ethnies  voisines…

photo perso: partie sculptée de tabouret traditionnel 01

photo perso: partie sculptée de tabouret traditionnel 02

photo perso: partie sculptée de tabouret traditionnel 03 le "fond" est un tissu bleu touareg

photo perso: partie sculptée de tabouret traditionnel 04

tabouret traditionnel ( à 3 pieds pour les hommes, 4 pour les femmes )

La particularité de l’ethnie Lobi est surtout d’avoir pu conserver bon nombre de ses traditions en résistant à  tous les envahisseurs, qu’ils fussent africains ou colons européens. Leur architecture (cases fortifiées en terre cuite) témoigne de cette hostilité, avec des cases distantes les unes des autres d’une portée de flèche. Les Lobi sont animistes à  part entière. Ils ne possèdent pas de pouvoir centralisé. La seule autorité est celle du père de famille. La femme occupe une place très importante.

Statuette anthropomorphe présentant un chef assis à l'expression boudeuse

Ils profitent de la saison sèche pour fêter les grandes funérailles réunissant de nombreuses personnes. Le Tan (bière de mil) coule alors à  flot… dans des marchés, des concessions familiales, nous rencontrerons ces autochtones d’un autre temps. Ce peuple pratique également de nombreuses initiations dont le djoro qui est encore de nos jours un facteur incontournable d’intégration sociale.

statuette de couple Bateba

Chaque village possède féticheur (prêtre attaché au service d’un fétiche – ou divinité -), sorcier (avec pouvoirs surnaturels), charlatan (= devin).

Photo perso : Fétiche Lobi de fécondité

Le long de la frontière occidentale du Ghana et sur la moitié est de la frontière ivoirienne, dans l’une des régions les plus défavorisées du pays, plusieurs ethnies apparentées, au passé parfois commun, forment l’une des communautés culturellement les riches du pays. Lobi, Dagari, Gan, Birifor, Pwe et Dan se répartissent ainsi un vaste territoire autour des villes de Goua, Loropéni, Batié, Diébougou et Dissen. Principalement présents au Burkina Faso, ils comptent cependant de nombreux villages au Ghana et en Côte d’Ivoire. Il est commun d’appeler  » Lobi  » cet ensemble d’ethnies sans limiter cette appellation aux Lobi proprement dits.

Mais les Lobi se distinguent  aussi par un habitat particulier…

L’escalier permettant d’accéder  au toit terrasse, a ses marches  taillées  dans un bloc,  comme les  escaliers  Dogon du Mali – ,   il peut être retiré dans le souci de préserver l’habitat contre des éventuels assaillants

photo perso: Gaoua, dans l'enceinte du musée - partie d'habitat avec poteries au sol- pour voir les images à la taille réelle, cliquer sur l'image

dont un habitat « musée » peut être visité  ( dans l’enceinte  du musée d’art Lobi, à Gaoua…)  et on peut  bien entendu en voir  dans des villages  et chefferies  alentour.

A  noter  que ce musée  est intéressant pour  comprendre  l’origine des prénoms,  l’usage  traditionnel  d’objets  tels  que la poterie,  la fabrication d’objets en fer  dans  des petits  haut-fourneaux,  les  cérémonies, et bien sûr l’art sculpté  (  fétiches, statuettes)

photo perso: sculpteur de cannes ( et des tabourets - voir photos plus haut)... dans un village proche de Gaoua

photo perso: le guide "Bebe", et un tabouret traditionnel, en cours de fabrication Le bois le plus couramment utilisé est le bois de karité, d'un aspect assez huileux.

–  Toutes les photos  perso ont  été prises  fin décembre 2011, début janvier 2012

 

Quant à la situatton de l »art », l’auteur  du blog  « regard éloigné »  justement nous dit, en 2006

 

Ainsi en cherchant à rapprocher le divin de soi, l’homme lobi a produit des statues, destinées à des pratiques cultuelles mais considérées en Occident comme étant de l’art comme c’est le cas de la sculpture africaine de façon générale.

 

 

Nous sommes loin évidemment  et heureusement des « temps coloniaux et missionnaires » où Ces statues et autres objets de culte étaient immédiatement détruits parce que perçus comme des « fétiches »,(objet fabriqué et non divin sens d’artificiel) voire des objets démoniaques.

 

Affirmer le caractère artistique des œuvres, ne devrait pas pourtant nous épargner de nous interroger sur, ce qui fonde l’appréciation des « objets » africains comme produits artistiques. Ce n’est pas parce que les statues africaines garnissent les galeries et musées européens que celles-ci peuvent être dites œuvres d’art. La reconnaissance pratique ne saurait être assimilée à une reconnaissance théorique. La légitimité ne peut consister simplement à être reconnue et proclamée par les « Modernes »» comme si la notion de création allait de soi, recouvrait toujours la même signification pour toutes les civilisations, à toutes les époques et comme si une proclamation de son existence dans un art suffisait à établir la légitimité de cet art.

 

 

Paradoxalement poser cette question et y répondre, devraient justement faire partie de la découverte et du respect de « l’« altérité » le véritable leitmotiv du musée du quai. .Simplement et pratiquement esthétiser les œuvres,c’est oublier les avertissements de M.Leiris fondateur de l’ethno-esthétique et pour qui pourtant l’art africain était  un art parmi les autres :

« Dans une histoire de l’art on ne peut, il va de soi, s’en tenir à la considération des seuls objets […] et les œuvres en question resteraient par ailleurs lettre morte si l’on ne donnait quelque idée des hommes qui le ont produites et de ce qu’ils avaient en tête.

 

 

Et plus encore, ce qu’écrit W.Benjamin de l’œuvre à « l’ère de sa reproductibilité » : À mesure que les œuvres d’art s’émancipent de leur usage rituel, les occasions deviennent plus nombreuses de les exposer.

 


Claes Oldenburg ( artiste pop)

prise de courant suspendue ( en bois)

Claes Oldenburg ( artiste pop)prise de courant suspendue ( en bois) Claes Oldenburg ( artiste pop)…. sculpture – plug (prise de courant) Avec les sculptures reprenant les objets de cpnsommation quotidens courants, Claes Oldenburg les « magnifie », par leur gigantisme, ou les critique comme objets de consommation, notamment en changeant leur « tenue » ( rendre des objets rigides mous). Changer leur position dans l’espace la batterie molle la batterie molle ( voir le rapport de son avec la peau tendue de l’instrument) ————– Il les insère aussi dans un contexte différent ( ironique la plupart du temps)… pince à linge face à une banque, , vélo géant enterré, dans un square… lavabo mou le lavabo mou la pince à linge sculpture pince à linge sc pince à linge cela change du mythe de la « statue de la Liberté » mouche de badmington mouche de badmington le trognon de pomme le trognon de pomme aquarelle: le porte monnaie C’ets aussi un formaidable dessinateur, – dans ses projets de scultures farfelues; ici aquarelle: le porte monnaie projet de sculpture ; vis molle projet de sculpture ; vis molle les slips bleu et rose les slips bleu et rose ( sorte de papier mâché peint) le saxophone mou le saxophone mou le tampon géant le tampon géant Cet artiste américain est donc signicarif d’une distance qu’il crée par rapport aux objets du quotidien


Georges Rousse – à la MEP – et Arles

L’espace Holbein, publie  dernièrement un article  sur l’artiste  » metteur en images »  Georges Rousse-  dont  voici le début…

Maison européenne de la photographie

     Georges Rousse à la Maison Européenne de la Photographie
Tour d’un Monde
  Avec son intervention  pendant les  rencontres  de la photographie, en Arles  en 2006,  je me suis  attaché  à  « déconstruire » la façon dont sont faites les images  de Rousse,  qui privilégie toujours  le point de vue unique En cela je trouve que la démarche de l’artiste, même  si elle  est intéressante  dans l’illusion,  est datée, dans le fait que cela  se rapporte à un seul point de vue, centré sur un spectateur  ( les autres  n’ont  qu’à se pousser)…  et en cela  proche des artistes  de la Renaissance, avec la perspective conique …   

je préfère de beaucoup les points de vue multiples, et aléatoires,  …

 A noter,  toujours  sur l’espace Holbein,  cet article, qui met bien en évidence le procédé de reconstitution « in situ », quand le personnage  spectateur  se place au point idéal… 


en fait ce qui m’intéresse le plus, n’est pas  dans le  résultat « idéal », la reconstitution, mais  de voir des formes  annuler  l’espace,- semblant en suspension…. 

comme  dans les oeuvres  de Felice Varini– qui m’intéressent davantage, car elles  sollicitent moins  de « mise en scène » obligatoire…,

en étant souvent ouvertes  sur l’extérieur, ou des lieux  de passage pas  forcément déclarés artistiques…


Tour d’un monde, c’est le titre d’une  très belle exposition de Georges Rousse,  à la MEP, que l’on pourrait appeler, sans aucune équivoque, une rétrospective. Tout y est montré, jusqu’aux travaux les plus récents.
Pour qui n’aurait pas encore la chance de connaître le travail de cet artiste , il suffit de cliquer sur l’image de gauche* et, comme par enchantement, tout s’expliquera sans aucun recours à la moindre explication…
Rousse est modeste et son Tour d’un monde n’est pas le Tour du monde. Mais le monde est rond, non?  Comme ici.
Article auquel je vais ajouter  mes propres  « vues »  de Georges Rousse,  il s’agissait d’une installation (  en fait, plusieurs), réalisées  au musée réattu d’Arles..

lumière dedans

peinture acrylique  sur toile non tendue…  grand  format  1,50x 1,70m

technique: superposition de couches  de couleurs acryliques  en transparence

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