Textes poétiques et d'actualité -nulle part ailleurs !

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Des tours bien fragiles – ( RC )

peinture: Anselm Kiefer

Tu n’as pas su construire,
avec tes mots, une tour
assez solide pour atteindre,
ne serait-ce que
le plus bas des nuages.

Une échelle demeure
renversée dans les gravats.
C’est aussi que l’orgueil
n’a pas réussi à ouvrir
une seule fenêtre.

Jacob a pris ses rêves pour une réalité
mais les anges gardent leur domaine,
et ont repoussé l’échelle du pied,
détruit la tour,
il est vrai, bien fragile :

la terre promise empiète souvent
sur celle des autres,
et si on prend un dieu à témoin
pour tracer les frontières,
chacun peuple se réserve le droit
de construire des tours plus hautes encore:

l’orgueil suscite des vocations
toujours plus nombreuses,
mais appelées inexorablement
à retourner à la poussière.

Je m’arrête, maintenant,
sous un soleil au regard fixe.
Il sera toujours, hors de portée .


J’irai où le printemps m’attend – ( RC )

montage perso 2021

Au voyage de l’hiver,
la neige s’accroche partout:
elle recouvre de silence
le pays endormi,
sauf les corbeaux
qui me guettent de là-haut.

J’irai là, où le printemps m’attend
et au bord de l’eau
je les peindrai en blanc :

ce seront des mouettes
qui me feront la fête,
la neige sera un lointain soupir
emporté par le vent
et les corbeaux se sont enfuis
dilués par la nuit .


RC – nov 2019


La rose du bar – ( RC )

La Malène rose de bar 02

photo perso – bar de la Malène – ( 48 )

 

Rose de bar,
   un murmure,
       un soir,
    la nudité du mur,
un convive de pierre,

une médaille de soleil,
dissimulée par le lierre,
petit oeil vermeil,
portant robe de soie :

– rien de commun
avec celle du bégonia –
        habillée d’un parfum
       et parée de lumière,
celle qui la sculpte et la frôle :

Existe-il sur terre
un ange dont l’auréole
reste visible ?
Fi de la pesanteur du noir :
        paisible,        s’exhibe
            ma rose de bar….

 

RC – août  2020


A Sète, la mer attend que le soir se pose – ( RC )

Le cimetière marin de la ville de Sète - YouTube

Tout en haut de la ville de Sète,
la mer attend que le soir se pose,
elle ressemble à un mur qui se dresse .

Il n’y a plus d’ailleurs.
Le soleil se rapproche des vagues,
et ce sont des milliers d’yeux qui clignotent.

Il y a sans doute aussi, de même,
des bouches, des lèvres et des murmures,
qui se prolongent sur le port .

Les ombres des croix
du cimetière marin s’allongent sur le sol .
On dira bientôt que le jour dort.

Mais il n’est jamais mort: chaque jour le matin revient
à peu près à la même heure :
le désir ne meurt pas de sitôt .

RC- nov 2020


Je n’ai pas gravé d’alphabet dans l’argile – ( RC )

 

Afficher l’image source

 

Je n’ai pas gravé d’alphabet dans l’argile,
ma mémoire se croise
avec d’autres langages
et peut-être les pétrit à sa façon.

Mes gestes n’ont pas laissé de trace,
et parfois leur sens m’échappe,
entrecoupés de ceux que j’ai apprivoisés
dont la provenance ne m’est pas connue.

Je ne sais pourquoi, à l’instant,
me revient en pensée la Victoire de
Samothrace: comme une figure de proue;
elle n’a pas de tête mais des ailes immenses.

Traversant les siècles,
elle est pourtant énigmatique,
mais davantage déchiffrable
que les écritures oubliées.

Une vie ne suffirait pas
pour savoir où elle nous conduit,
ni savoir de quoi elle est née.
C’est que celui qui l’a sculptée n’a pas laissé de traces.

Pas davantage que la trace de ses doigts dans l’argile,
ni le reflet des étoiles dans ses yeux.
La puissance créatrice a grandi démesurément
en effaçant le souvenir même,      du créateur.


Après l’insurrection – ( RC )

See the source image

peinture : Maximilien Luce

 

Je suis des yeux,
ces oiseaux fusées
striant la lumière orangée
aux nuances de feu:

c’est un crépuscule
sous la valse du vent
sombrant lentement,
comme le sang coagule
au pied des barricades
de la Commune de Paris :

le jour s’est évanoui
aux derniers échos de la fusillade :

ce sera bientôt le silence
la ville assujettie,
s’apprête à retourner dans la nuit,
dans la somnolence,
où les songes d’espoir
et de liberté
se sont envolés, désertés
pour se faire cauchemars.

Il n’est pas certain,
qu’un jour nouveau se lève
le lendemain ,  sur les rêves
et sur le genre humain .


RC


Comme ces statues de plâtre, de Giacometti – ( RC )

gravure:         le vent : Cl Weisbuch

Des passants progressent;
ils ont relevé leur col
et se pressent
courbés contre le vent.

Ces hommes attachés au sol,
semblent vouloir le combattre
et la sculpture de leurs corps,
a cet aspect des statues de plâtre
de Giacometti.

Peut-être le vent souffle-t-il encore
éternellement.
Le temps s’est arrêté :
je peux le voir figé
sur la photographie.

RC – mars 2020


traces persistantes – ( RC )

Anaelle Vanel  -  expo Mende   passe  rocheuse1.jpg

photo – repro de photo  d’Anaelle Vanel

J’ai gardé de toi quelque chose,
                                  une trace;
quant à savoir si cette trace te correspond,
maintenant avec tant de décalage,
rien n’est sûr, au long cours des années :
c’est comme si je croyais que la photographie
conserve à jamais les choses, ne jaunit pas,
que le matin préservé ne se change jamais en crépuscule.
             A défaut d’oubli, cette trace est en moi,
et je ne peux la recouvrir par aucune autre, plus récente.

Ce sont des réminiscences feutrées qui m’habitent,
d’encres et de fusain, modelant ton image
dans un dessin, qui peut-être, n’a plus grand chose à voir
avec le modèle .
                      Je repense à tout cela comme d’un songe,
                      qui fructifie les routes des rêves,
mais nourri seulement d’imaginaire ,
                     une plante qui jamais ne s’étiole
et ne grandit pas au flux de vents et pluies ruisselantes,
alors que tu es devenu chêne
dans un quelque part ,       restant pour moi inconnu .


RC – juin 2019


L’encre de la mémoire – ( RC )

chr -- cry p

montage  perso

Dis moi que le sang
a séché au soleil,
que ma blessure a oublié
jusqu’à ton sourire …

Dis moi qu’autant
la douleur se délaye,
moi qui ai prié
pour pouvoir mourir …

Si les années
ont trépassé,
je reste esclave de mon passé
qui est emprisonné.

Ce n’est pas que je le craigne,
car le ciel a répandu son baume,
mais il arrive que saigne
ma cicatrice, mon anémone…

Son sang est un sang noir
qui revient de temps en temps

comme la marée d’un océan
portée par la mémoire.

RC – avr  2020


La fenêtre s’ouvre sur le monde – ( RC )

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dessin- Marc Chagall  » l’oiseau dans l’atelier »

                C’est un matin
où la fenêtre s’ouvre sur le monde,
encore obscur.
Les volets s’appuient sur la brume,
issue des dernières heures de la nuit .

Des oiseaux m’ont rendu visite,
– enfin presque – .
Ils étaient sur la rambarde
mais n’ont pas osé rentrer,
même quand je les ai invités.

        Qui sait s’ils n’étaient pas
        porteurs d’un message,
        que je n’ai pas su déchiffrer :
le matin s’ouvre sur ton monde ;
les oiseaux ne faisaient que passer

Peut-être les as-tu vu aussi,
les mêmes, ou leurs semblables :
avec un message non écrit
que je leur ai confiés ,
           les sensations partagées ,

          que nous soyons
          au bout du pays,
          ou la main dans la main :
nous avons aussi des ailes,
et chantons au matin .


RC – avr  2019


Je ne veux pas éteindre, ce qui est de lumière – ( RC )

Sun And Clouds Wallpaper | PixelsTalk.Net

Je ne sais pas éteindre le feu .
Perçant les nuages brodés d’or,
il a brûlé au soir d’été,
comme un cri
combattant la nuit .

On ne sait qui des deux
sortira vainqueur,
ou même si le soleil
finira par incendier l’obscur
pour l’effacer à jamais.

Je ne veux pas éteindre,
ce qui est de lumière :
c’est ton âme qui la porte
comme une torche,
et m’embrasera aussi.


RC – nov 2017


What a wonderful world – ( RC )


l

Remembering the King of Jazz, on the anniversary of his death aged 69.

La voix de Satchmo
traverse le temps,

Le ciel bleu et les nuages blancs :
lui qui voit le monde si beau
et merveilleux .
Des sourires sur les gens qui passent
et leurs yeux
qui rêvassent.

Les images sont belles,
et suaves,
comme l’ arc-en-ciel
de sa voix grave.
C’est un monde en couleurs
qui, sans la séparation entre blancs et noirs ,
a celle de l’espoir.
Elle ne comporte ni vaincu, ni vainqueur.

Chantant les jours clairs et bénis,
où l’humanité de demain
sera peut-être réunie :
asiatiques et africains
dans le concert des nations,
la vie américaine
sans la ségrégation
la douleur et la peine.

Louis Armstrong, -puisque c’est de lui
dont il s’agit –
sème, avec ses chansons
les graines de rédemption
qui sont peut-être encore aujourd’hui
une grande utopie,
mais si l’avenir lui sourit :
tout lui sera permis .

Il faut bien que quelqu’un fasse le premier pas
vers la Concorde :
«  What’s a wonderful world »
sans avoir de sourire béat ,
mais plutôt l’optimisme
qui permet de voir le monde meilleur
à travers le prisme
de son cœur.


Réincarnation – ( RC )

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repro:

Ainsi se ferment les cieux,
l’amour et l’ombre:
la pluie qui tombe
couvre les chant des adieux.
Il est trop tard
pour sortir les mouchoirs…

La nuit est passée par là:
on se passe de discours
pour un voyage sans retour
à moins que l’au-delà
ne fasse que somnoler
si le temps s’arrête :

– on connait bien des momies
qui défont leurs bandelettes
              et l’eau qui a gelé
              reviendra à la vie
( ainsi croit-on
à la réincarnation ).

Qui voudra tourner la page
          revenir en arrière
         les pieds sur la terre?
S’il suffit d’un sarcophage
           et de le vouloir
pour le pouvoir …

Un tour de manivelle
– que les horloges tournent à l’envers –
>  les poupées gigognes répondent à cet appel
           s’enfantant d’elles-même,
sortant de la poussière :
–      je vois que tu connais le stratagème…


Pour aborder la nuit – ( RC )

peinture: Paul Delvaux –  Le paysage aux lanternes, 1958

D’un grand chemin              vers l’immobile,
les ombres bleues s’étendent, et les heures défilent :
La lune blanche semble montrer la voie ,
et ton visage reste froid.

S’il demeure ton image,
quelque chose a quitté son rivage,
sans bruit,
pour aborder la nuit .

C’est ainsi,              et c’est la loi .
Ce qui reste n’est plus tout à fait toi
C’est bien la conséquence
de ton absence .

S’il s’agit de te survivre,
sache que je ne peux te suivre,
dans ton voyage solitaire ,
étant encore attaché à la terre

à mon corps défendant,
puisque c’est bien le corps pesant,
qui me retient ,       à présent ,
mais s’use doucement…

quels que soient l’heure et le lieu,
le départ est fastidieux :
avancé ,     sans qu’on n’en sache la raison,
retardé         pour qu’on termine l’oraison.

Du programme , on ne connaît pas le détail ,
l’âme profitera        de la moindre faille
                          pour fausser compagnie
tant elle aspire à l’infini …


RC – fev 2018


D’aube en aurore, ma mort provisoire – ( RC )

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Montage – RC

D’aube en aurore,
mille fleurs de soleil à éclore,
l’espérance , valse les petits matins,
ivres encore de ses attentes

sels et sables d’une mer inachevée,
stature immobile des rocs,
dents acérées des écueils,
et le désir qui s’étire,

ciboire de vin de jade
entre tes mains
avides de vendange,
et d’impatience

autant les âmes se perdent
dans la pulsation du jour.
J’ai scellé mon destin
dans ce chant en suspens

juste avant mon trépas
– provisoire – .

RC- sept 2020


une soif d’encre – ( RC )

D’après  » le singe de l’encre » de J L Borgès. voir https://booknode.com/le_livre_des_etres_imaginaires_01398324/extraits

 

Year of the Monkey (猴年) | Patrick Siu Chinese Calligraphy ...

Quand je saisis le pinceau,
vient se poster derrière moi,
parfaitement immobile,
le singe au poil noir.

C’est un noir profond,
son poil est long et flexible,
ses yeux sont bruns,
pailletés de jaune.

Il attend que je prenne mon élan
et que je lance des arabesques
en traçant ces calligraphies
qui jouxtent les couleurs fragiles
des fleurs de printemps.

La feuille en est vibrante,
comme si déjà un vent frais
agitait branches et pétales.

Quand j’estime avoir fini,
le singe saute sur mon épaule,
puis sur la feuille,
où il boit l’encre, avant qu’elle ne sèche.

Maladresse ou malice,
il prend la peine
de tremper sa patte
dans l’encre de Chine,

La trace qu’il laisse est
comme une main humaine
mais miniature,
que l’on observe à chaque dessin.

Puis il revient s’asseoir
à côté du bureau,
et ne tarde pas à s’endormir,
le museau encore barbouillé d’encre.

On n’en voit pas la différence
avec l’obscur de son pelage.
C’est peut-être à force d’en boire
qu’il est devenu aussi noir.


Fixe dans une absence – ( RC )

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photo Ay.ashok Saravanan      – Ganesha

 

Quelle vague sera assez puissante,
pour fermer le regard de la statue ?

Ses membres ont beau être brisés,
les plis de ses habits ensablés

l’écume enrage de ne pouvoir dissoudre
le sourire, qui s’adresse aux cieux

fixe, comme dans une absence
peint dans une présence

où on imagine que l’image des dieux
contemple l’éternité au-delà de l’humain.

 

 


RC – sept 2017

prendre appui – ( RC )

MARAIS POITEVIN barque coulée - la Garette

photo perso – La Garette   – Deux-Sèvres

 

Les mots reprennent
le mouvement de la vie.

Ils flottent à la surface de l’étang
sans s’y enfoncer

à l’inverse de la barque
qui a chaviré

Je peux prendre appui
sur la base du reflet des nuages

juste le temps que les idées
s’accordent un répit

entre le ciel changeant
et le poème en devenir.

RC- juin 2020


Et si l’ombre … – ( RC )

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Photo Christophe Loiseau

Et si l’ombre te tient dans ses bras,
chaque jour, et chaque nuit..
         Regarde bien  au sol,
         elle épie tous tes gestes .

Jamais tu ne peux la saisir :
elle t’accompagne partout,
—       jusqu’à la fin de ta vie ,
                  où elle t’engloutit …


RC –


Une distance que l’on porte en soi – ( RC )

Ce qu'il y a entre nous...

photo  Catherine Loth – musée des moulages  –  Lyon

 

Ce qu’il y a entre nous
est quelque chose d’indéfinissable.
        Je me reconnais en toi,
comme si c’était un miroir:
tes yeux me le rappellent…,
mais j’ai beau me rapprocher,
te toucher,
        Tu ne seras jamais moi,
et jamais je ne verrai par ton regard.

Peut-être que son éclat
est l’image de tes pensées,
qu’elles aussi je ne peux saisir.
          Je ne serai jamais toi,
et dans sa limite la plus ténue,
même chair contre chair,
il y a toujours
cette distance infranchissable,
que l’on porte en soi.


RC – juill 2018

 

 

voir  aussi,  sur une  autre photographie  de Catherine Loth, cet autre texte, créé le même jour…


Rouille et poussière – ( RC )

Dust filled the air behind Amagansett's Main Street on Friday.

La lumière a ce quelque chose d’épais ;
cette matière laiteuse,
chargée de poussière..
Les rues s’enfoncent dans le lointain,
dans un flou incertain,
ce sont des portes vers le passé,
comme une prison indéfinie,
que les sons même,
ne peuvent pas franchir.

C’est comme le temps trépassé,
aux lignes brisées,
aux cris étouffés,
craignant le grand jour,
sur lequel on ne peut revenir.
Ce sont des sensations diffuses,
avec une alternance
de zones sombres et claires,
( et puis toujours cette poussière )…

C’est ainsi que tes pas se sont effacés,
car elle a tout recouvert
de son drap feutré.
Les pierres sur le chemin
ne sont plus visibles,
et je me heurte à elles à chaque instant
sur le boulevard déserté.
Les lampadaires sont des silhouettes fantômes,
et n’éclairent plus rien.

Si je me regarde,      de même,
avec cette âme silencieuse,
je vois ma peau rêche,
tendue sur les os,
eux-même, friables,
comme si,      d’un métal fatigué,
la rouille progressait inexorablement,
et ne me reconnais pas,
mes yeux envahis de poudre grise…

          Il faudrait un vent violent,
que le soleil déchire soudain
cette chape qui pèse
sur le paysage,
et que mon appel te parvienne.
Tu serais loin ,
mais en te voyant,    au bord de l’horizon,
je resterais dans l’espoir
que tu te retournes,  et reviennes à moi.


RC – nov 2019


Des arbres dans la neige – ( RC )

 

150057-wintertag-weiss-baum-dunkel-wald-schwarz-traurigkeit-schnee-photocase-stock-foto-gross.jpegphoto MMchen

Les arbres courent dans la neige,

s’éloignent à la mesure de nos pas,
puis se fondent dans la brume,
à la façon du temps
dont le souvenir s’estompe :
je ne garde que l’instant présent en mémoire,
les flocons en font de même,
déja recouvrant mes traces.


RC – janv 2018


Devant la penderie sombre – ( RC )

chemises  - chaussures.jpg


Personne ne m’a jamais dit
comment suivre le pas des hommes perdus.
Ils sont partis si loin,
qu’on ne les a jamais revus,
– des corps transparents , légers , sans doute nus -,
puisqu’il reste toujours
dans le placard sombre
les chemises repassées,
le costume,
et les chaussures,
moulant des pieds absents.

RC-  avr 2020

 

( variation sur ce texte d’ Emily Dickinson ) :

« Où partent les morts?/ On lui répond qu’ils sont partis en visite. / Très loin. Ailleurs. / Et moi qui ne suis plus petite mais presque vieille, / je ne connais pas de réponse à cette question. / Je vois la penderie et la chemise sur son cintre, / les chaussures rangées pour des pieds absents/ »

 

en relation étroite  avec ce texte,  l’ouvrage  de Sylvie Durbec


Mon visage de roche – ( RC )

rocher (14)

 

La lumière des cendres,
sourd sous la roche .
C’est mon visage de lave,
où la bouche sèche
s’ouvre sans proférer de son.

S’il y a la terre,
celle-ci s’est fondue
et déformée
sous mon masque
en pierre.

Je ne regarde que le ciel,
et peut-être seulement l’orage sombre
viendra me rafraîchir,
apporter l’antidote ,
réparer les cicatrices.

Jusqu’à présent,
elles palpitent le feu,
et mon visage
parcouru de fissures,
se plisse de souffrance .


RC – juill 2019