Textes poétiques et d'actualité -nulle part ailleurs !

A l’aplomb de l’enclume – ( RC )


( texte  inspiré par celui de Susanne D…  qui suit )

stock photo, travel, rain, black-and-white, japan, urban-life, mylife

Sur tes épaules, l’imperméable,
et tu erres sur le quai,
sans but,
tu marches,
et des cales te parviennent,
les chocs d’outils heurtant la tôle,
              le chant de la nuit,
               en attendant
             que le jour se lève .

             Pourquoi es-tu attachée à la terre ?
Toi qui pourrais regarder si loin,
           et t’appuyer sur l’air…
tu abandonnerais la ville,
      les trottoirs humides
            de la rue de Siam
pour regarder tout cela
                           d’en haut .
                   Si elles pouvaient s’exprimer,
      les mouettes le diraient mieux que moi .

Tu marches dans les rues vides,
les vitrines closes sur leur opulence ,
           et toujours tes pas
           te ramènent vers le port ,
           avec ses murailles de fer
qui se confrontent à la brume,
te parlent de voyages lointains,
       de ceux qui embarquent sans repères,
          passé la dernière lueur du phare,
     qui s’éteint doucement
dans le fracas de la haute mer.

La pluie est l’innocence,
qui s’étale sur les rues,
et de temps en temps tu regardes
dans les glaces ta silhouette,
          ou celle qui te ressemble,
qui te suit obstinément,
                        comme le destin.

Peut-être que la pluie arrivera
un jour à la dissoudre,
           car le ciel est ton refuge,
                        et tu le sais.

Miroir de brume

soleil voilé

exactement à l’aplomb de l’enclume

doux reflet du métal

et le bruit sourd que fait le marteau

sur l’étal

Le clapotis de l’eau

dans les soutes

le pas des hommes et le pavé

qui claque

un air de jazz abandonné au vent

et le vent qui l’emporte

et  l’emporte le temps

comme le son volé

à la corne de brume

son voilé   sitôt dissout

dans la pluie fine  froide

je serre sur mes épaules

mon  imperméable

j’écoute

la musique de la nuit

au fond des cales

le chant des hommes

celui des gouttes d’eau

dans les flaques

celui du jour qui se lève

avec le long mugissement

de la ville

qui répond

à celui de la mer

à celui des bateaux qui rentrent

au port

à la criée

au jasement  des  mouettes rieuses

qui tournent tournent longtemps

avant de fondre sur leur proie

leurs ailes battant l’air

j’écoute

la voix de l’homme qui les disperse

et  ceux là-bas

qui embarquent

sans repères

passé le dernier fanal

dans le fracas

de la haute mer

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s