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Constantin Jelenski Berkeley – Pauline, le lit raide aux trois coussins


 

 

 

Pauline, sa chambre derrière les communs,
une fenêtre sur le verger
où je ramasse les poires blettes près de la porcherie
en pressant sous mon gros orteil la boue chaude du fumier,
l’autre fenêtre sur le puits (j’aime baisser le seau
et faire bondir les grenouilles vertes qui l’habitent).
Pauline,         le géranium,       le froid de la terre battue,
le lit raide aux trois coussins
le crucifix en fer et les images des saints
ornées de palmes et d’une rose.
Pauline      est morte depuis longtemps    mais elle est
Et j’en suis sûr,        pas seulement dans ma conscience.
Au-dessus de son visage sévère de paysanne lituanienne
bruit le fuseau de colibris ,    et ses pieds plats usés
sont aspergés d’une eau de saphir où des dauphins
courbent l’échine plaisantent.

 

Constantin Jelenski Berkeley, 1961

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